Selamat jalan

C’est devant mon dernier lever de soleil indonésien que je prends le clavier pour vous écrire.
Nous restait donc une bonne semaine après nos aventures kelimutiennes, personne n’était très motivé pour repartir à l’aventure, et encore moins mes fesses qui n’en peuvent plus d’être maltraitées par les mauvaises routes, l’absence de suspension, les banquettes en bois… Nous aurions pourtant aimé finir dans l’archipel d’Alor, voir les baleiniers et les cachalots, cela aurait été une belle boucle, puisque ce voyage à commencer dans nos têtes à Madagascar, devant les baleines… Mais c’est peut être que justement l’histoire ne se termine pas là, et que d’autres aventures nous attendent. Voici donc notre dernière semaine indonésienne en quelques lettres ( ça rappellera quelque chose à certains ) :

A comme Argent : que Lila aura gagné à la sueur de son front en épluchant des girofles avec ses copines indonésiennes. 1 kilo = 1000 rp (10 cts d’euros). Elle restera chez eux à temps plein lors de notre séjour à  Maumere.

B comme Bintang : la dernière bière asiatique de notre périple.

C comme Chien : alors que nous arrivons à notre hôtel de Maumere, le patron fort sympathique, nous propose de partager un bout de son repas, polie ( ou visionnaire ), je décline alors que Fred en mange un bout tout en demandant ce que c’est. « dog » dit le patron ! Verdict de Fred :  » un peu caoutchouteux, mais la sauce était très bonne ».

D comme Danger : que nous n’avions pas ressenti pendant ces 9 mois et demi et qui est ressorti là sur un bord de plage : vol de notre hamac, agression d’une voisine de chambre et altercation lors d’un retour de jogging, qui aurait pu mal tourner.
Sensation étrange de ne pas se sentir en sécurité, après avoir évolué en toute quiétude pendant ce périple. Mais cela n’a pas occulté tous les sourires et toute la bienveillance dont nous avons bénéficiés depuis le début de notre voyage. Par contre ce sera tout de même la première fois que nous fermerons nos bungalows à clé la nuit.

E comme Église : Flores est une île majoritairement catholique ( si si les ch’tis ), le dimanche est donc jour de messe, c’est vêtue de ma plus belle robe que j’irai de bon matin à la messe. Les femmes ont mis leurs plus beaux Ikats, les hommes, leurs plus belles chemises, et les enfants, leurs tenues du dimanche. Tout le village est réuni, les enfants à gauche, les hommes à droite et les femmes au milieu ( sauf celle avec des enfants en bas âge qui sont près de la porte, je resterai d’ailleurs avec elles, connaissant ma ferveur pour l’église, je sais que je devrai sûrement m’éclipser discrètement ).


Le prêtre arrive précédé de ses enfants de chœur, et c’est accompagné de chants qu’il rejoindra l’autel. C’est beau, mais ça reste une messe avec tous ses sermons, je m’éclipse comme prévu.

F comme Foto : non ceci n’est pas une faute d’orthographe, c’est comme ça que ça s’écrit en indonésien. Et les indonésiens, les photos ils aiment ça, ils posent, ils demandent à se faire tirer le portrait, et après c’est sont eux qui remercient ! J’ai du coup tout un tas de clichés de gens que je ne connais pas du tout et que j’ai juste croisé au détour d’une rue.

G comme Goreng : qui veut dire frit. Ici tout se mange frit, le riz (nasi goreng), les nouilles ( mie goreng), le poulet ( ayam goreng), le poisson ( ikan goreng), les bananes (pisang goreng)…
Mais nous on préfère bakar ( grillé)

H comme « Hello mister » : la phrase la plus entendue lors de notre séjour à Flores. Petits et vieux, femmes ou enfants, tout le monde nous saluait, et souvent les rires fusaient à notre passage, mais pas de rires moqueurs, plutôt la joie de partager juste ces quelques mots avec le « bule » ( l’étranger  ou plus précisement caucasien)

I comme Ikats :  «  (du indonésien ikat, « attacher, nouer ») est un procédé de teinture et de tissage dans lequel le dessin est créé en teignant d’abord le fil de trame, ou le fil de chaîne, de toutes les couleurs qui vont y figurer, à des intervalles très précis, de sorte qu’au moment du tissage les éléments du dessin se créent par la juxtaposition des parties du fil de la couleur appropriée (par exemple, cinq ou six points jaunes de deux millimètres, à un mètre de distance l’un de l’autre sur la longueur du fil, viennent l’un au-dessus de l’autre au moment du tissage pour former l’œil d’un oiseau, et ainsi de suite pour chaque élément du dessin). En teignant le fil, les parties qu’on veut préserver d’une certaine couleur de teinture sont cachées par un fil qu’on noue sur le fil de la trame. On plonge ensuite le fil dans la teinture. On recommence pour les autres teintes. Par extension, le mot désigne également le tissu qui en résulte. » source Wikipedia.

Les femmes mettent environ un mois à fabriquer une pièce . Chaque région à sa couleur et ses dessins.
Une visite au marché me montrera différents modèles faits par les villageoises venues spécialement vendre leur production.

 

Les hommes eux viennent vendre leurs machettes et jouer aux dominos ( avec des cartes ), ils jouent de l’argent bien sûr, et les gains sont représentés par des bouts de bois qu’ils s’accrochent aux oreilles avec une ficelle.

J comme J’y vais ou J’y vais pas : c’est un peu le jeu auquel nous nous serons prêtés ces deux derniers mois. Nous pensions découvrir les Philippines, ce sera pour une autre fois. Nous ne pensions pas passer nos deux derniers mois en Indonésie, nous avons imaginé un moment pousser un peu plus loin vers l’est, pour rejoindre Solor et Alor, là encore, ce sera pour une autre fois. Et nous terminerons notre périple en Malaisie, côté Bornéo, chose que nous n’avions pas envisagée, il y a quelques semaines encore.

K comme Krupuc : les chips de crevette accompagnant le fameux gado gado, et dont les enfants raffolent . Le gado gado est un de nos plats préfèré, il est constitué de légumes cuits à la vapeur dans sa version diététique, ou frit dans sa version enrichie, de riz, d’un oeuf dur et d’une sauce cacahuète, la fameuse sauce satay qui pourra aussi accompagner poulet, poisson… dont voici la recette

Ingrédients : 125g de cacahuètes non salées grillées à sec, 1 cc de purée de piment fort, 2 gousses d’ail, 1 cs de sucre de palme (peut être remplacé par du sucre roux), 2 cs de sauce soja, 12 cl eau
Préparation : écraser l’ail avec le piment.
Piler les cacahuètes avec la moitié de l’eau jusqu’à obtenir une pâte.( oui maman, tu peux le faire au blinder) Ajouter le piment et l’ail, le sucre et la sauce soja et piler de nouveau, ajouter de l’eau pour obtenir une pâte. Il faut obtenir une pate assez épaisse, mais pas trop compacte tout de même.
Faire chauffer dans un wok, tout en remuant pendant 5 bonnes minutes avec un peu d’eau ou de lait de coco, selon votre convenance.
Ne vous reste plus qu’à napper vos légumes, ou tremper votre poulet avant de le faire cuire au barbecue … Ici on le sert souvent avec les légumes froids et la sauce chaude.

L comme Larentuka : la ville la plus à l’est de Flores mais que nous ne verrons pas. Fainéants, que nous sommes.

M comme Montagnes : comme celles sur les îles en face de notre hôtel que nous ne nous lasserons pas de contempler, profitant de ces derniers moments où le temps n’a pas d’importance.

N comme Noix de coco : y’en a partout, sur les arbres, râpées sur le marché, coupées en morceau sur le sol en train de sécher pour faire de l’huile… Fred est même devenu un spécialiste de l’ouverture de la coco à la machette .

O comme Ojek, ces mobylettes qui passent devant vous en vous demandant « where you going? », au début je me disais, dis donc ils sont vraiment sympas, ils pensent que je suis perdue et veulent m’aider mais non ce sont des motos taxi ! Il y en a partout et ils sont prêts à vous emmener n’importe où, on nous a même proposé de faire Ende/ Moni ( 40km) avec nos 5 sacs à dos et les enfants sur 2 ojeks !!!
Mais nous on préfère les bémos, taxi collectif, avec leur musique à fond, leur flopée de miroirs et de peluches. Mieux vaut ne pas être pressé, car sur les longues distance, ils ne partent que lorsqu’ils sont pleins.

P comme Potager qui servait à faire les plats dans notre petit hôtel au milieu des cocotiers . Un petit coin perdu, sans même une route pour y accéder.
Dans le jardin il y avait un potager ainsi qu’une porcherie pour le plus grand bonheur des enfants qui auront passer leur journée à donner à manger aux bébés cochons au biberon, faire le tour du potager pour trouver les tomates mûres, jouer au foot avec les enfants de la maison.

Q comme Quand est ce qu’on repart ?

R comme Retour : ben oui, forcément on y pense, c’est une sensation étrange que la fin d’un voyage de 10 mois. Tout le monde à envie de rentrer bien sur, retrouver la famille, les copains, le bon pain, le beurre salé, de vrais morceaux de viande, notre maison, notre jardin…. Mais en même temps, la question est là en suspens : allons nous réussir à re-rentrer dans le moule ?

S comme Sans commentaire

T comme Tsunami : Maumere était très réputé pour son corail tellement coloré et fourni, que la baie s’appelait le jardin de la mer, mais le tsunami de 1992 à fait des ravages, et le corail recommence tout juste à fleurir.
Nous aurons d’ailleurs l’occasion d’aller faire un tour en bateau autour de l’île de Babi, ou le tsunami à crée des failles sous l’eau. Un lieu magique où l’eau est d’un bleu profond tel que nous ne l’avions jamais vu.

D’ailleurs on a bien failli le voir bien plus longtemps que prévu car au moment de repartir, le moteur à fait des siennes, et il a fallu que notre capitaine nous amène à la canne tel les gondoliers de Venise, sur une île déserte afin de réparer la panne…

U comme Ultra bien dixit Lila, et pourtant c’était pas gagné avant le départ

V comme Volcans : qui nous suivent depuis notre arrivée en Indonésie. Le Kawah Ijen et son lac, vu de notre hublot d’avion. Le Agung de Bali que nous appréciions de notre plage de Senggigi puis de Gili Air, le Rinjiani gravit avec brio par Defré, le Tambora vu lors de notre « croisière » le long des cotes de sumbawa, et qui a le triste record d’avoir provoqué l’éruption la plus puissante de ces 10 000 dernières années !!! L’Inerie dans les environs de Bajawa, le Kelimutu dont nous avons pu apprécier les fameux lacs et enfin le Egon, trônant fièrement derrière notre hôtel de Wodong. L’Indonésie est la plus vaste zone volcanique du monde. J’en profite tout de même pour glisser un erratum (voir article précédent) 17 500, c’était le nombre d’îles que comprend l’archipel, par contre on compte « seulement » 500 volcans dont 130 environs sont encore actifs…

W comme Warung : ces petits restaurants où nous aurons pris la plupart de nos déjeuners, le plus souvent en compagnie des locaux. Souvent d’un aspect douteux, mais finalement servant des plats économiques et délicieux.

X comme X Ray : car il faudra bien passer par là, lors de nos nombreux vols, pour rentrer dans notre beau pays. Entre le 5 et le 6 août, ce sont pas moins de 3 vols qui nous attendent avant de rejoindre Paris. De Tawau jusqu’à Kuala Lumpur, puis de Kuala jusqu’à Amsterdam et enfin d’Amsterdam jusqu’à Paris… On va avoir fière allure à notre arrivée…

Y comme on en a pris plein les Yeux

Z comme tout reprendre à Zéro, car c’est bien ça qui nous attend à notre retour…

 

 

 

 

 

 

 

Flores, d’ouest en est…

Part I : La Baie de Labuhan Bajo ou Comme un poisson dans l’eau

Nous voici donc fraichement débarqués sur l’île de Flores dans l’archipel des petites îles de la Sonde, étape la plus orientale de notre périple qui touche bientôt à sa fin. L’Espagne est de nouveau championne d’Europe, régnant en maître sur le football depuis 4 ans maintenant, bravo les Ibères.
De notre côté, difficile de décider de quoi sera fait la fin de ce voyage, les possibilités sont nombreuses, tous les noms évoqués sont alléchants. Pour la première fois, le temps viendrait à manquer. Nous pensons traverser Flores, puis pourquoi pas se rendre dans le Kalimantan, anciennement Bornéo, terre de nos cousins, les Orang Outangs, ou encore rejoindre les Sulawesi, plus connues sous le nom des Célèbes, et ses merveilleux sites de plongée. Tous ces noms font rêver, je me revois encore gamin, assis à mon bureau devant un grand planisphère, en train de parcourir des yeux ses territoires. Je ne pensais pas qu’un jour, je m’en trouverai si proche. Mais finalement, la raison l’emportera et nous choisissons de prendre le temps de découvrir Flores. L’Indonésie offre tellement de possibilités qu’il nous faudra y revenir un jour… Inchallah.
Nous débarquons à l’ouest de l’île, à Labuhan Bajo, petit port de pêche et de commerce en pleine expansion. Nous sommes toujours accompagnés de Damien, Marie et Clément, l’une des deux familles françaises rencontrées à bord de notre belle traversée de Lombok à Flores, via les îles de Komodo et Rinca, terres des dragons du même nom, mais tout cela Karine vous l’a déjà conté.
Nous passerons deux jours dans cette petite bourgade à ne pas faire grand chose. Un peu d’internet pour les uns, lecture pour les autres, un peu de course à pied pour moi. On laisse aussi les enfants profiter de leur copain Clément. Retrouver la civilisation après quelques jours en mer a du bon. On peut y faire quelques emplettes et même y trouver de bonnes tables dont nous profiterons pour fêter notre deuxième anniversaire de mariage. Nous apprécierons également une curiosité locale, sur les quais en cours de réaménagement, un tracto-pelle Caterpillar presque totalement immergé. On se dit que cela pourra faire l’objet, dans quelques années, d’un joli site de plongée sur épave. La question étant de savoir si le conducteur est encore dedans…

Désormais remis de notre croisière, nous mettons le cap au nord, sur l’île de Seraya, située à une heure de bateau de Labuhan Bajo. Nous débarquons sur une plage de sable blanc, aux eaux allant du turquoise au bleu profond, quelques bungalows en bambou sont disposés sur le rivage. On se dit que l’on va être au top pour passer les trois jours à venir. Après un repas léger et agréable, on se prépare à l’exploration de cette jolie baie et de ses fonds marins. Nous avons la chance d’être toujours accompagnés de nos amis, plongeurs avertis et fins connaisseurs de la faune et flore aquatique. Ce sera un vrai bonheur de partager avec eux la découverte du vaste monde de Nemo. Sans eux, je serai probablement passé à côté de tant de choses sans les voir ou sans pouvoir les nommer. Nous passerons donc le plus clair de notre temps dans l’eau, parfois en dessous, jusqu’à en ressortir transis de froid, tant l’envie de prolonger le plaisir était forte. Ce n’est évidemment pas la température de l’eau, proche des 35 degrés qui était en cause.


Nous avions déjà eu le bonheur sur les îles Gili de côtoyer les tortues, de les approcher, les accompagner dans leur valse lente et même de les toucher. Nous aurons encore d’autres réjouissances pendant ces trois jours. Notre quotidien sera constitué de poissons clowns, sergent major, balistes, anges, poisson globe, demoiselles, aiguilles et autres poissons perroquets, dans un environnement lumineux et multicolore, composé de coraux, de bancs de sable, de corolles, de pinacles, de vasques, d’anémones, de coraux mous, de gorgones. Nous aurons également le plaisir d’admirer des racasses (ce sera pour moi un grand moment que d’admirer ce poisson tout en parure et ornement), des seiches (dont je ne savais pas qu’elles changeaient de couleur en fonction de leur environnement… incroyable), des balistes clowns (vraisemblablement assez rares, selon nos accompagnateurs), des raies pastenagues et pour couronner le tout, nous nagerons avec des requins à pointe noire, même s’ils ne sont pas dangereux ni très volumineux, cela reste impressionnant de les voir sillonner autour de nous. Je m’arrête là pour la partie descriptions. Dans ce cas, rien ne vaut les images, Karine étant d’ailleurs en train de vous préparer un petit film sur le sujet. Cousteau, Hulot et autre Jacques Perrin n’ont qu’à bien se tenir…

Il est temps de reprendre la route et après l’exploration des fonds marins, de se lancer dans celle de l’île.

Part II : Bajawa ou la mise au vert

Nous rejoignons Labuhan Bajo pour rentrer dans l’intérieur des terres, direction Bajawa via Ruteng. Très vite, la route sinueuse s’élève dans les hauteurs et laisse entrevoir, au détour d’un virage, la superbe baie de Labuhan Bajo très escarpée, et au large, nous pouvons admirer toute une myriade d’îles dont celles de Rinca et de Komodo. Nous franchissons plusieurs cols, enserrés de montagnes et de volcans, avant d’atteindre un plateau d’altitude à quelques 1000m. Au fur et mesure que la matinée avance, le ciel se fait de plus en plus nuageux. Lorsque nous arrivons aux abords de Ruteng, la pluie et le brouillard s’en mêlent. Cette région très fertile, est le grenier à riz de Flores, et c’est sous la grisaille que nous pourront y admirer les « lingko », terrasses en forme de toile d’araignée.

Il est vrai que nous en avons traversé, des paysages de rizières, mais nous n’en avions pas encore vu des comme ça. La suite du trajet se fait essentiellement dans la grisaille, voire la purée de pois. Nous pourrons tout de même apercevoir les volcans Ranaka et Inerie, tous deux encore en activité. C’est après douze heures de route, à la nuit tombée, exténués que nous atteindrons la ville de Bajawa, située à 1100m d’altitude. Nous ressortons les pulls et tout ce qui nous reste pour nous couvrir, car ici, finie la chaleur, place au froid et à l’humidité, mais bon, on ne va pas se plaindre non plus.
Le lendemain, nous partons en bemo (sorte de combi, avec 2 banquettes face à face derrière ainsi qu’une sono survoltée et souvent fatiguée) à la découverte des villages traditionnels de la région. Au lever, finie la grisaille, c’est un beau ciel bleu qui nous accueille. Nous découvrons la ville et ses montagnes environnantes, dont le joli Inerie et ses pentes douces et régulières. Sur la route, la végétation est dense et luxuriante, une sorte de jungle d’altitude sur un relief trop escarpé pour être cultivé. Nous arrivons au village de Wolo sous un beau soleil, une femme nous y accueille et nous propose de nous faire la visite. Il faut dire que depuis que nous sommes arrivés sur Flores (et c’était déjà le cas à Lombok), nous n’avons le droit qu’à des sourires. Les gens sont accueillants et bienveillants, que ce soit dans les communautés musulmane ou catholique, qui semblent cohabiter en toute quiétude.

Nous découvrons donc une belle esplanade rectangulaire bordée de maisons sur pilotis, faites uniquement de bambou et couvertes de toit de chaume.

Elles sont toutes réalisées sur le même plan, une entrée décorée de panneaux de bois peint ou sculpté, une pièce centrale dédiée aux rituels et cérémonies, 3 ou 4 chambres pour y accueillir les 3 générations qui cohabitent ensemble et une cuisine partiellement ouverte. Notre charmante guide nous fera visiter sa maison et l’on n’imagine pas de l’extérieur un ensemble si spacieux. Derrière la maison, le jardin potager et le lavoir où Lila viendra en aide aux femmes pour la lessive du jour. En faisant le tour du village, toujours habité, on pourrait sentir une gène à se promener, appareil photo en bandoulière, mais les gens nous mettent à l’aise avec leurs sourires et nous proposerons même de poser pour quelques clichés. Comme toujours, se sont les personnes âgées et les enfants qui feront les plus beaux sujets.

Nous ferons également un crochet par l’ancien village de Wolo Lama (Lama signifiant ancien…), situé au cœur d’une bambouseraie, dont il ne reste rien ou presque, puisque les maisons ont toutes été démontées pour être ré-installées dans le nouveau village. La végétation a repris ses droits, seules persistent quelques alignements de pierres dressées.


Suite de la visite, toujours sur des routes escarpées et cabossées pour le village de Bena, plus beau vestige du pays Ngada. Mais la journée avançant, c’est sous la grisaille que nous y arrivons. Cette fois ci, le village est installé à flan de colline, toujours une esplanade bordée de maisons, mais si les matériaux sont les mêmes, l’architecture est sensiblement différente, les toits sont plus ouvragés et en leur centre, est perchée une petite statuette 20120720-150752.jpgpour éloigner les mauvais esprits. Le village est lui aussi toujours habité et il est en pleine effervescence. Hommes et femmes sont occupés à la construction d’une nouvelle hutte qui sera fêtée le soir même avec un vrai festin en train de mijoter. Nous y croiserons aussi un visage qui nous semble familier, nous le saluons et effectivement, c’est un homologue français que nous avions croisé à Pingyao en Chine, au tout début de notre long voyage, une éternité nous semble-t-il… Comme quoi, on ne le dira jamais assez, le monde est à la fois tellement vaste… et tellement petit.
Pendant notre visite, Lila et Milo préfèreront rester avec les enfants du village pour prendre un cours de pilotage de pneu…( y’avait bien une tite video, mais la connexion floresienne ne le permet pas ! )

Et enfin, pour terminer cette belle journée, nous nous rendons aux sources d’eau chaude, situées non loin de là. Ce n’est plus une route, mais une piste boueuse et semée d’ornières qu’emprunte notre bemo. Le chauffeur ne semble pas plus inquiet que ça. Il nous arrête après avoir passé un pont, nous voyons bien une rivière descendre en rapides, mais pas de sources, on nous indique alors un sentier en contrebas, et nous arrivons effectivement dans une zone moins agitée, légèrement en aval d’un point où deux torrents se rejoignent. Dans l’eau et sur les berges, ce sont des dizaines de locaux, petits et grands qui pataugent, qui s’éclaboussent ou qui font la toilette. Nous nous joignons à eux, la température de l’eau est parfaite. Tout le monde semble ravi de nous voir partager le bain avec eux, les enfants se feront rapidement des petits copains de jeu. Lila fera d’ailleurs forte impression sur les jeunes garçons de son âge… On se rend compte rapidement que la température de l’eau est le produit du mélange des deux torrents, l’un très chaud et l’autre très frais. On peut donc alterner bain quasi soporifique et douche vivifiante. Par chance, je retrouve un bout de savon qui trainait dans mon sac, cela nous évitera la douche froide à l’hôtel (et oui dans nos budgets, on trouve des chambres uniquement avec eau froide, quand on est en bord de mer, tout va bien, mais à 1100m d’altitude et dans le froid, c’est plus dur…)

Part III : Riung ou l’appel de la mer

Ces quelques jours à l’intérieur des terres, dans la fraîcheur et parfois, le froid et l‘humidité nous poussent à retrouver rapidement la chaleur et notre jardin aquatique. Nous mettons le cap au nord et le village de Riung où quelques îlots et beaux coraux ont l’air de nous attendre. Il nous faudra 3h30 en bus local, pour parcourir les 60 kms qui séparent Bajawa de Riung, on nous avait prévenu, c’est la portion de route la plus défoncée de l’île et pourtant le reste nous avait déjà semblé de bonne facture… Les paysages sont toujours somptueux, la végétation dense, les reliefs très escarpés. Passés les derniers contreforts, on aperçoit la vaste étendue d’eau turquoise et l’archipel de Tujuhbelas (qui signifie 17 îles, comme le 17 Aout 1945, date de l’indépendance de l’Indonésie, même si à bien les compter, il y en a en fait 23 au total…).


Ici, rien d’autre à faire que d’affréter un bateau pour rejoindre les îles. Alors du coup, c’est évidemment le sport local que d’arnaquer le touriste pour l’emmener faire un tour. On passera les détails, je crois que l’on s’en est plutôt bien sorti, même si le coût reste prohibitif par rapport à d’autres excursions similaires que nous avons pu faire au cours de notre périple…
Une fois l’affaire entendue, nous partons sur un petit bateau à moteur à la découverte des îles, beau paysage et première halte en mer pour baignade et snorkling, l’archipel est réputé pour ses coraux foisonnants. Pause rafraîchissante et agréable, mais pas de quoi non plus tomber à la renverse. Entre deux, les enfants auront le plaisir de prendre une leçon de navigation, finalement ils ne quitteront plus la barre, sauf bien sûr, dans les approches difficiles. 20120720-150907.jpgPour le déjeuner, deuxième arrêt sur une plage de sable blanc, avec de superbes coraux en guise d’apéritif. Après avoir avalé notre repas acheté au warung de Riung et composé de riz blanc, de légumes, de poisson grillé et d’une petite sauce curry, les locaux nous proposeront de goûter à la seiche grillée au barbecue, pêchée quelques instants plus tôt. On se régale, puis on lézarde sur la plage, on retourne à l’eau, profiter des coraux et des bébés rascasses. Dans l’après 20120720-150742.jpgmidi, on met le cap sur une île de l’autre côté de la baie pour aller observer une colonie de chauve souris géantes. Arrivés sur place, les enfants se font un plaisir de crier, taper, afin de faire le plus de bruit possible, le but étant d’embêter les copains de Batman et de les voir s’envoler pour s’éloigner un peu du vacarme. Mission réussie sans difficulté pour Lila et Milo, nous verrons une nuée de chauve souris prendre les airs. On peut dire qu’elles sont nombreuses et de belle dimension. Tout un spectacle.

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 Part IV : Ende ou this is the end … ou presque

Départ à la fraîche, au lever du soleil, toujours en bus local pour rejoindre Ende qui se trouve cette fois ci sur la côte sud. Toujours de beau paysage, plus aride pour commencer puis de nouveau verdoyant en rentrant dans les terres. Toujours des routes de m…., bref la routine ou presque. L’intérêt principal de la ville réside dans son port de pêche animé et dans le fait que peu de gens s’y arrêtent, préférant directement rejoindre Moni, point de départ pour l’ascension du Kelimutu et ses lacs colorés.

Lors de notre petite promenade en direction du marché, nous serons attirés par la musique chaleureuse qui retentit aux abords d’une église. Nous approchons et nous nous voyons conviés à assister à une répétition de la communauté catholique en vue d’un spectacle programmé quelques jours plus tard. Un orchestre accompagne un chœur et une troupe de danseurs, dans un registre proche du Gospel. C’est agréable de voir et d’entendre une foi bien vivante et si positive. Nous repartons vers le centre ville et cette fois, nous sommes interpellés par un Christ surmontant un globe terrestre avec les inscriptions « Christus Rex Mundi », sorte de Corcovado local sur le parvis de la cathédrale. Nous remettrons finalement au lendemain la visite du marché, la nuit tombant et nos estomacs sur pattes réclamant la becquée.

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Nous repartons donc de bon matin vers le marché aux poissons. C’est vraiment le centre névralgique de la ville, on y retrouve l’animation, les embouteillages, les odeurs fortes et les couleurs vives. Première halte près d’une natte où des hommes jouent aux dominos avec des cartes à jouer. Notre passage avec nos deux frimousses blondes faisant toujours sensation. Les femmes quittent leur stand pour tirer les joues ou toucher les cheveux de Milo. Les jeunes garçons toujours aussi impressionnés au passage de Lila. Nous parcourons la partie fruits et légumes, avant de rejoindre le quartier des poissonniers. Ce sont les pêcheurs qui nous interpellent pour que Karine les prenne en photo avec leurs plus belles prises, au menu, barracudas, requins, marlins, thons, raies et même un dauphin… et oui. Lila, légèrement indisposée, préfère faire halte auprès de joueurs d’échecs. C’est rapidement l’attroupement, Milo l’ayant rejoint. Ils se verront même proposer de faire quelques parties, le temps pour les locaux de prendre quelques photos de ces charmants visiteurs.

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Nous aurions pu également aller voir les plages de galets bleus, très prisés des japonais qui s’en font livrer des tonnes pour décorer leurs intérieurs, ou encore visiter le joli village traditionnel de Wolotopo et ses maisons longues, ornées de sculptures de femmes pendant et après la maternité, mais l’envie et le courage nous manquent et nous préférons partager pleinement des moments simples avec les populations locales, que de se ruer sur n’importe quelle pierre indiquée dans le Lonely Planet. Le temps a fait son œuvre et nos centres d’intérêt ont changé depuis notre départ, il y a neuf mois maintenant…

Part V : Moni, ses volcans, ses lacs colorés et « ses bambu super potatoes »

Après notre repas avalé dans le warung de la gare routière (sorte de petit lolo ou paillotte essentiellement destiné à une clientèle locale), nous embarquons à bord d’un bus bondé. Karine n’a même pas de place à proprement parlé, elle fera d’ailleurs une bonne partie du trajet sur le toit…au milieu des sacs de riz et des derniers locaux montés à bord. On se dit que la fin du voyage n’aura pas que des mauvais côtés… Derrière moi, je vois deux petites têtes blondes accompagnées de leurs parents, j’engage la conversation, c’est une famille française installée à Jakarta depuis trois ans, actuellement en vacances sur Flores. Ils se rendent également à Moni, situé à trois heures de route vers l’intérieur des terres. Encore une fois, les paysages sont somptueux, des gorges et ravines enserrées de montagnes verdoyantes, ça et là, des maisons posées en équilibre. Ce décor nous rappelle l’île de la Réunion. A mesure que nous prenons de l’altitude, les nuages et le brouillard nous entourent puis une pluie fine commence à tomber, sur le bus et sur Karine qui est toujours sur le toit… Nous arrivons dans la mélasse au petit village de Moni, situé à 600m d’altitude.

Le temps me nous donne pas trop envie d’entamer une promenade, nous restons donc à la terrasse de notre hôtel et laissons jouer les enfants avec leurs nouveaux compagnons de jeu, Marius bientôt 4 ans et Alix, 2 ans. Nous voyons passer un petit garçon avec, à la main, une queue de bœuf fraîchement coupée, puis un cortège d’hommes, avec le reste de l’animal suspendu à deux gros bambous. Ils viennent s’installer sous un appentis, juste en contrebas de l’hôtel, pour débiter la bête. En effet, une fête se prépare pour les deux jours à venir. Nous assisterons, petits et grands, à cet incroyable spectacle pour nous et quoi que très naturel pour les gens du village.

Puis c’est au tour de Arram, de venir nous rendre visite sur notre terrasse, pour nous vanter les mérites de son restaurant, le Bambu. Il nous dit proposer un repas de qualité et unique dans la région. Son anglais est très correct, il nous parle de riz organique venant des montagnes, de soupes de légumes aromatisées de lait de coco, de citronnelle, d’épices et d’herbes cueillies au bord de la rivière. Le tarif n’est pas donné, on se regarde avec nos voisins de chambrée français, hésitants. Nous acceptons finalement en négociant un peu le tarif, son invitation. Le rendez vous est pris pour le soir même à 19h00. Il nous demande une petite avance pour faire quelques courses, il nous fait un plan sur un bout de papier pour rejoindre son restaurant… on se dit que l’arnaque n’est pas loin, mais on prend le risque. Ce jeune homme nous a très bien vendu son dîner. Et le soir venu, nous trouvons finalement l’adresse indiquée, une sorte de boui-boui qui ne paye pas de mine. Mais lorsque les plats sont disposés sur la table, on sent que l’on ne s’est pas trompés. Festival d’odeurs, de saveurs, la soupe est divine, le riz excellent, une salade de fleur de bananier relevée d’herbes et de coco râpée s’avère être un délice, le tofu et le poulet préparés dans une sorte de sauce curry sont à tomber. Pour arroser le tout, la traditionnelle Bintang Beer et pour la digestion, un thé à la citronnelle. On ne regrette vraiment pas d’être venus et le patron est tellement charmant que l’on décide de remettre ça le lendemain midi pour fêter notre matinée passée sur le Kelimutu et ses trois lacs. Mais attention, pour nous convaincre totalement, Arram, notre hôte, nous précise que le menu sera totalement différent, soupe de potiron, lait de coco et citronnelle, bien sûr, salade d’herbes sauvages réhaussée d’épices, de coco rapée, of course, riz agrémenté de pois, tofu et poulet, mais surtout, les « bambu super potatoes », en guise d’apothéose. Notre hôte assure le spectacle, et nous tient en haleine, tel un conteur face à une horde d’enfants envoutés. Nous repartons le sourire aux lèvres, les papilles ravies et l’estomac comblé… Vivement demain.

Il est temps d’aller se coucher, mais nous découvrons que la grande fête du village a déjà commencé, et la boite de nuit est installée… sous nos fenêtres. Au milieu de la nuit, alors que le calme règne enfin, un violent orage éclate. Ca semble compromis pour notre ascension du lendemain. Nous avons d’ailleurs rencontré pas mal de monde revenant du Kelimutu et qui n’ont pu apprécier ni le volcan, ni les lacs…
Finalement au lever, le ciel s’est partiellement dégagé. Après le petit déjeuner, nous embarquons à bord d’un bemo avec nos nouveaux compagnons de route à l’assaut du volcan. Arrivés sur place, et après une petite demi heure de marche, nous atteignons les bords du premier cratère… dans le brouillard. Puis nous commençons à distinguer le premier lac, aux eaux bleu azur, puis un deuxième, dans les mêmes tons mais plus laiteux. Lorsque nous atteignons le deuxième point de vue, offrant un panorama sur les trois lacs, le ciel s’est dégagé, le brouillard dissipé et un beau ciel bleu apparaît. Le soleil commence même à nous réchauffer et nous restons là, une bonne partie de la matinée à profiter du superbe paysage. Le troisième lac, légèrement à l’écart, revêt une couleur vert sombre. Dans l’un des lacs, on distingue des taches de souffre en surface, on dirait un pot de peinture glycero mal mélangé. Selon la luminosité et l’ombre portée des nuages, le spectacle est en perpétuel changement. On ne se lassera pas d’admirer cette féerie.

Puis il est temps de redescendre au village, où nous attendent un bon repas et nos fameuses potatoes… Nous étions partis pour faire le trajet retour à pied, mais au bout de deux heures de marche et à peine un quart du trajet accompli, nous faisons finalement du stop et un gentil conducteur de bemo nous déposera à l’entrée du village. Encore un petit effort et nous voici attablés, prêts à déguster de nouveaux mets. Encore une fois, nous ne serons pas déçus, sauf peut être par les « bambu super potatoes », mais notre hôte nous les avait tellement bien vendues et le reste du menu était tellement savoureux, que cela restera un détail.
Dans l’après midi, on se met en quête des sources d’eau chaude (une spécialité en Indonésie, mais c’est normal avec ses 17000 iles et presque autant de volcans actifs, c’est un peu comme notre Islande à nous, hein tata…la pneumonie en moins… j’espère que tu es totalement remise). Finalement, on nous indique une cascade à la sortie du village, on s’en contentera. L’eau est d’ailleurs assez tiède. On en profite pour faire la toilette (une habitude maintenant dans les villages d’altitude). Voilà Moni, c’est fini.

Fini l’Air, à nous l’eau…

Et bien voilà, cela fait maintenant 17 jours que nous sommes à gili Air, plus grosse étape du tour ! Un vrai piège que cette petite île, où il fait bon vivre sans aucune pollution sonore, visuelle ou olfactive, ici seul le clapotis des vagues vient perturber votre sieste ( euh et un peu les coqs et les appels à la prière aussi ), il n’y a que mer bleue et montagnes à perte de vue, et l’odeur du saté pour vous chatouiller les narines … Nous aurons profité pleinement des tortues, j’aurais fait de belles plongées parmi requins, raies, poissons clowns, murènes, poisson scorpion, empereur, ne manque que les hippocampes que mes yeux non aguerris n’aurons pas réussi à trouver ….. Nous aurons eu l’occasion de fêter tranquillement mon anniversaire avec un vrai gâteau au chocolat, et Fred aura fait l’ascension du mont Rinjiani, il en est revenu fourbu, je lui laisse vous conter son périple.

 » 19 juin : Je laisse donc la petite famille coulée des jours tranquilles dans ce petit paradis terrestre et aquatique que sont les îles Gili, pour rejoindre la grande île de Lombok pour un trek de trois jours dans les hauteurs. Après une courte traversée en bateau et une bonne heure de voiture, me voici dans le village de Senaru à 600 m d’altitude , lieu de départ de mon trek. Le lendemain matin débute notre ascension, nous empruntons des sentiers au travers de plantations de café et de cacao. Nous sommes accompagnés d’un guide et de trois porteurs, ainsi que trois autres personnes, d’autres gens devant nous rejoindre plus loin. Sur la fin de matinée, une petite pluie commence à tomber. Au moment de la pause déjeuner, la pluie s’intensifie. Plusieurs groupes sont déjà là et certains sont en fait sur le retour, des intempéries sur le campement les ayant obligés à faire demi tour sans pouvoir atteindre le volcan , ni le sommet… Le froid se fait déjà sentir, le thé et le repas qui nous sont servis , sont les bienvenus. L’heure tourne et il nous faut repartir, malgré la pluie. Nous évoluons toujours dans une épaisse forêt et la pluie se calme enfin. Nous sortons de la forêt pour rejoindre la lande, le brouillard au dessus de nos têtes nous empêchent de discerner le paysage. En fin d’après midi, nous rejoignons le campement situé à 2000 m d’altitude, nos porteurs installent les tentes, récoltent du bois (humide évidemment) afin de préparer le feu et le repas. Le ciel se dégage, nous pouvons enfin apercevoir les reliefs des montagnes et de l’île en contre bas. Dès la tombée de la nuit, le froid et l’humidité se font sentir, nous prenons une bon repas devant le feu puis couchage, on ne fera pas de vieux os. J’avoue avoir plutôt bien dormi, au réveil, le temps est dégagé, nous avalons un bon petit déjeuner et café, puis nous repartons pour rejoindre le cratère où nous devions initialement passer la nuit, mais les intempéries nous avaient ralenties. La pente est raide, les sentiers sont glissants et boueux mais le paysage, lorsque nous parvenons au bord du cratère, est magnifique. On distingue l’ensemble du cratère dominé par le sommet et en contre bas, un lac en forme de lune, encerclant un jeune volcan dont s’échappent quelques fumerolles. Pas mal.
Nous entamons désormais une descente escarpée à l’intérieur du cratère pour rejoindre les bords du lac, situé à 2000 m, où nous ferons la pause déjeuner. Le ciel commence à se charger légèrement, à notre arrivée au lac, il fait gris, mais une grande réjouissance nous attend. Des sources d’eau chaude ainsi qu’une cascade nous attendent à 10 minutes de là, le temps que le repas se prépare.

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Nous partons donc avec le groupe constitué de deux couples anglo saxons et d’un belge et d’un coréen avec lesquels je ferai l’essentiel de cette escapade. Nous contournons une cascade d’une dizaine de mètres de hauteur pour rejoindre, en contrebas, un méandre de la rivière où de petites piscines naturelles nous attendent. Ici, l’eau chaude remonte à travers des fissures dans la roche, on voit des bulles d’eau chaude remontée à la surface ou affleurer de la roche, le mélange avec l’eau de la rivière provenant du lac donne des bains très agréables. On s’y prélasse pendant un bon moment. Enfin le guide nous fait savoir que la récréation est finie, que le repas est prêt. Après déjeuner, nous quittons les bords du lac et reprenons l’ascension du cratère pour rejoindre notre campement situé à 2600 m d’altitude. Le temps se charge encore et cette fois, la pluie reprend. Le sentier est toujours très escarpé et glissant. Nous évoluons sur une alternance de chemin de terre (ou de boue) et de pierriers. Il nous faut parfois nous tenir avec les mains afin de franchir les dénivelés importants. Milieu d’après midi, la pluie cesse mais le froid et l’humidité sont bien présents. Nous rejoignons enfin le campement et le ciel se dégage, laissant apparaître en contrebas, une mer de nuage et autour de nous, les sommets dont le Rinjiani culminant à plus de 3700 m d’altitude. Le soleil réchauffe nos corps et nos habits trempés de sueur et de pluie. Un bon moment de détente, après une journée intense. Le campement est maintenant installé, le feu est lancé et nous assistons à un joli coucher de soleil avec toujours cette mer de nuage en contrebas et des nuages au dessus de nous se formant, puis disparaissant, dévoilant à la dérobée, les sommets et le soleil.

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La lune apparaît à son tour, puis les premières étoiles, enfin, le ciel se dégage totalement. Nous prenons notre repas dans la foulée, regroupés sous une bâche tendue, prêt du feu. Puis il faut vite aller se coucher car demain, lever à 02h30 du matin pour l’ascension au sommet… J’en profite quand même cinq minutes pour regarder la voie lactée au dessus de nous.
Le sommeil vient vite, la fatigue aidant. Le réveil sonne, on avale un thé bien chaud et quelques biscuits puis nous voilà partis (nous ne serons que trois, à la finale à faire l’ascension, mes deux compagnons belgo-coréens et moi même), avec nos lampes frontales pour 1000 m de dénivelé.
La montée se révèle très difficile, plus aucune végétation autour de nous, la terre a laissé place à une couche de graviers, poussière et petites roches de lave. On s’enfonce et on glisse au fur et à mesure que l’on avance. Après trois heures d’ascension intense sous un ciel étoilé, nous arrivons enfin au sommet. Un vent glacial souffle et les premières lueurs apparaissent à l’est. On commence à distinguer autour de nous, le cratère, le lac, les contours de l’île, puis les îles Gili et Bali à l’ouest, ainsi que Sumbawa et les îles de la sonde à l’est. Les conditions sont idéales, on reprend notre souffle et repose nos muscles pendant que le soleil commence à apparaître. On en profite pour prendre quelques photos.

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Le soleil nous réchauffe, on est content d’avoir fini cette ascension. Pour la descente, il faut faire comme à ski dans la poudreuse, sur les talons et on glisse. Éprouvant mais très drôle, la descente est grisante jusqu’au campement où un bon petit déjeuner nous attend. La vue est toujours aussi magnifique et dégagée, on se régale. Après le petit déjeuner et un peu de repos, on prend donc le chemin de retour vers Sembalung, petit village à 900 m d’altitude. On retrouve la végétation, la lande d’abord puis la forêt. Nous traverserons quelques rivières de lave, vestiges d’éruptions antérieures. Le sentier est toujours aussi raide et escarpé, ça tire vraiment dans les muscles. Au moment de la pause déjeuner, on s’allonge pour récupérer un peu. Après trois jours éprouvants, il me tarde maintenant de retrouver la petite famille, une bonne douche et la douceur des îles Gili. On repart donc pour les deux dernières heures de marche. Nous retrouvons petit à petit la civilisation, avec quelques cases, des plantations, puis le village se dessine. Enfin nous rejoignons les rizières, les vergers et un parking aux abords du village où attendent gentiment des camions plateau, afin de ramener tout le monde sur Senaru.
J’en profite pour saluer les porteurs qui nous ont accompagnés pendant ces trois jours. Il faut savoir qu’ils se trimballent avec deux énormes paniers fixés sur un bambou de deux mètres, qu’ils portent à l’épaule. Ils sont chaussés d’une paire de tong, vêtus d’un short et d’un T-shirt. Ils sont capables de monter un camp et de lancer un feu sous une pluie battante et avec du bois mouillé. Ils passent la nuit sous une bâche sans couverture, pendant que je dors sous une tente avec un matelas, un duvet et un oreiller. Pas de coupe vent en cas de pluie ou de froid. Ils dévalaient la pente en courant sur les pierres ou sur les sentiers boueux. Des vrais durs , et gentils comme tout en plus.
Encore une bonne heure de route puis une petite traversée et me voici pour le coucher du soleil auprès de ma petite famille, au loin, je distingue Lombok et son massif, je le regarderai différemment maintenant. « 

On aurait pu finir notre voyage ici, mais je ne suis pas sur que nous aurions réussi à repartir. Et puis nous voulons aller voir la où l’océan pacifique et l’océan indien se rejoignent …
Après avoir dit au revoir à nos amies les tortues, nous partons pour Flores demain matin, quatre jours de bateau nous attendent avec un passage par Komodo et ses dragons !

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Selamat pagi

je passe volontairement sur notre 2ème partie de voyage thaïlandais afin que vous puissiez enfin suivre notre voyage en direct. Rassurez vous je reviendrais en arrière vous conter nos aventures thaï.

3 juin réveil 4h30 pour aller prendre l’avion, direction Lombok. Nous quittons la Thaïlande heureux, le côté ouest, ne nous laissera pas un grand souvenir ( enfin si, grâce à ma maman et ma sœur ).
Vol jusqu’à Bali sans problème, nous survolons Java, ses volcans et ses énormes lacs bleus, ainsi qu’une multitude de petites îles, c’est sublime.
Arrivée Bali à 11h45, petite fausse note au tableau, notre correspondance pour Lombok part à 16h50, alors que d’autres compagnies ont des avions plus tôt !. Nous attendons donc 4h dans le merveilleux aéroport de Bali ou il n’y a rien à faire, mise à part manger au KFC… Nous arrivons finalement à lombok à 17h20, ou un chauffeur nous attend avec la pancarte Mrs Karine, trop la classe, j’ai l’impression d’être en vacances ! Arrivés à l’hôtel, on est éblouis, c’est superbe dans l’esprit balinais, petit bungalow avec notre propre salon, hamac… Le dîner est servi dans une hutte, avec vue sur la mer ( bleu turquoise bien sur ) C’est le bonheur pour les yeux et pour les papilles, la cuisine est raffinée, sans gras , saupoudrée de noix de coco … On est au paradis …Nous déchanterons apres la 1ère nuit, car l’hôtel n’est pas loin de la route et j’ai un peu l’impression de dormir à côté du periph ! Bon ok, j’abuse un peu, mais à 2h du mat les motos qui accélèrent à fond pour monter la cote, ça fait vraiment du bruit. Pour couronner le tout, nous avons le droit à l’appel à la prière à 5h du matin, car la grande majorité des habitants sur cette île sont musulmans. Et comme nous sommes à l’ouest ça ne donne même pas l’occasion de voir le lever du soleil. (désolé Nico).
Du coup la journée du lendemain sera tranquille , plage, snorkling, ou j’aurai l’occasion de voir le serpent de mer noir et blanc d’Indonésie, celui qui paraît il , te donne 15 mn à vivre s’il te mord ! Le bon côté c’est que vu qu’il a une très petite bouche et que son venin est tout au bout, il a très peu de chance de mordre un humain.
Milo lui prendra des cours de surf.

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Le soir nous avons le droit à un coucher de soleil magnifique avec Bali en toile de fond

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Milo se fait copain avec les pêcheurs et surtout leur pêche.

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Le goût de la balade en scooter nous reprend devant ces magnifiques paysages. On part donc vers le nord le long de la côte où plages de sable blanc et plages de sable noir se succèdent, petite bifurcation par les terres,où nous arrivons à la montagne aux singes, qui porte bien son nom, ce sont des 100aines de singes qui vivent ici. Petit arrêt en haut de la montagne pour profiter du panorama, et donner quelques cacahouètes et bananes au singes qui les éplucheront tranquillement avant de les manger.

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Après cette petite balade, nous déciderons finalement de finir notre périple dans ce pays. 2 mois ne sera pas de trop pour essayer de découvrir un peu cet énorme archipel…
Le lendemain Fred partira donc à l’immigration pour étendre nos visas, il faudra y retourner les 2 jours suivants : le 1er jour tu fais la demande, le 2ème tu paies et le 3ème, tu récupéres ton extension de visa. Comment faire compliqué quand on peut faire simple !
On profitera de ces 2 jours supplémentaires à Senggigi pour aller voir les temples. Départ tôt le matin, on se perd un peu dans Mataram, mais heureusement un gentil hollandais exilé en Indonésie parlant un français impeccable, nous aide à retrouver notre chemin, et nous invite même à boire un café chez lui, ou nous dégusterons le fameux tempe, la spécialité locale, une pâte de graine de soja frite.
Nous repartons direction Narmada pour voir un temple construit au 18eme siècle. Réplique miniature du mont Rijiani, 2ème sommet d’Indonésie, et lieu hautement sacré. Il fut réalisé afin que l’empereur, âgé puisse continuer à l’honorer.

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Au vu de tous les temples que nous avons vu jusqu’ici, rien d’époustouflant ( ben voilà qu’on fait les difficiles!). Ce petit arrêt nous aura permis de découvrir la soupe aux boulettes d’oeuf, une sorte de vapeur avec un œuf au milieu le tout dans un bouillon accompagné de nouilles.
Direction Suranadi, pour voir un 2ème temple, le pura Suranadi à été construit autour d’une source sacrée. Fred et les enfants font l’impasse, Milo préfère joué au foot avec les garçons tandis que Lila prend un cours de danse indonésienne. Un peu plus dur que la danse de Birmanie, car ici il faut coordonner jambes, mains, doigts et cou ! Mais elle sera félicitée tout de même.

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Retour à l’hôtel, et traversée des rizières au coucher du soleil…

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9 juin, on est censé partir pour les îles gili, mais une petite flemme nous prend, et restons finalement un jour de plus à senggigi. On en profite pour aller explorer d’autres plages, d’autres fonds à la recherche des tortues, que nous ne verrons toujours pas. Nous faisons un petit arrêt chez Dino ( un indonésien, même si son nom de l’indique pas) ou nous dégusterons un poisson grillé avec la fameuse sambal, la sauce épicée, dont voici la recette
Sambal de Dino
1 piment ( ou plus selon vos goûts ), 1 petit oignon, 2 gousse d’ail, 1/3 cc de pâte de crevette, 2 tomates bien mûres.
Dans le pilon mettre ail, oignon, piment, bien piler le tout, puis rajouter pâte de crevette et tomate coupées en petit morceaux, piler de nouveau afin d’obtenir une sauce un peu liquide, avant de servir rajouter un filet de citron vert.
Dans le restaurant où nous allons le soir, la recette est légèrement différente, ils mettent quasiment les mêmes ingrédients, sauf la pâte de crevette qu’ils remplacent par de la sauce soja sucrée, puis ils mettent le tout au blinder.
Çela accompagnent poissons et viandes grillés…

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Allez bon app, nous on part plonger…

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