Selamat jalan

C’est devant mon dernier lever de soleil indonésien que je prends le clavier pour vous écrire.
Nous restait donc une bonne semaine après nos aventures kelimutiennes, personne n’était très motivé pour repartir à l’aventure, et encore moins mes fesses qui n’en peuvent plus d’être maltraitées par les mauvaises routes, l’absence de suspension, les banquettes en bois… Nous aurions pourtant aimé finir dans l’archipel d’Alor, voir les baleiniers et les cachalots, cela aurait été une belle boucle, puisque ce voyage à commencer dans nos têtes à Madagascar, devant les baleines… Mais c’est peut être que justement l’histoire ne se termine pas là, et que d’autres aventures nous attendent. Voici donc notre dernière semaine indonésienne en quelques lettres ( ça rappellera quelque chose à certains ) :

A comme Argent : que Lila aura gagné à la sueur de son front en épluchant des girofles avec ses copines indonésiennes. 1 kilo = 1000 rp (10 cts d’euros). Elle restera chez eux à temps plein lors de notre séjour à  Maumere.

B comme Bintang : la dernière bière asiatique de notre périple.

C comme Chien : alors que nous arrivons à notre hôtel de Maumere, le patron fort sympathique, nous propose de partager un bout de son repas, polie ( ou visionnaire ), je décline alors que Fred en mange un bout tout en demandant ce que c’est. « dog » dit le patron ! Verdict de Fred :  » un peu caoutchouteux, mais la sauce était très bonne ».

D comme Danger : que nous n’avions pas ressenti pendant ces 9 mois et demi et qui est ressorti là sur un bord de plage : vol de notre hamac, agression d’une voisine de chambre et altercation lors d’un retour de jogging, qui aurait pu mal tourner.
Sensation étrange de ne pas se sentir en sécurité, après avoir évolué en toute quiétude pendant ce périple. Mais cela n’a pas occulté tous les sourires et toute la bienveillance dont nous avons bénéficiés depuis le début de notre voyage. Par contre ce sera tout de même la première fois que nous fermerons nos bungalows à clé la nuit.

E comme Église : Flores est une île majoritairement catholique ( si si les ch’tis ), le dimanche est donc jour de messe, c’est vêtue de ma plus belle robe que j’irai de bon matin à la messe. Les femmes ont mis leurs plus beaux Ikats, les hommes, leurs plus belles chemises, et les enfants, leurs tenues du dimanche. Tout le village est réuni, les enfants à gauche, les hommes à droite et les femmes au milieu ( sauf celle avec des enfants en bas âge qui sont près de la porte, je resterai d’ailleurs avec elles, connaissant ma ferveur pour l’église, je sais que je devrai sûrement m’éclipser discrètement ).


Le prêtre arrive précédé de ses enfants de chœur, et c’est accompagné de chants qu’il rejoindra l’autel. C’est beau, mais ça reste une messe avec tous ses sermons, je m’éclipse comme prévu.

F comme Foto : non ceci n’est pas une faute d’orthographe, c’est comme ça que ça s’écrit en indonésien. Et les indonésiens, les photos ils aiment ça, ils posent, ils demandent à se faire tirer le portrait, et après c’est sont eux qui remercient ! J’ai du coup tout un tas de clichés de gens que je ne connais pas du tout et que j’ai juste croisé au détour d’une rue.

G comme Goreng : qui veut dire frit. Ici tout se mange frit, le riz (nasi goreng), les nouilles ( mie goreng), le poulet ( ayam goreng), le poisson ( ikan goreng), les bananes (pisang goreng)…
Mais nous on préfère bakar ( grillé)

H comme « Hello mister » : la phrase la plus entendue lors de notre séjour à Flores. Petits et vieux, femmes ou enfants, tout le monde nous saluait, et souvent les rires fusaient à notre passage, mais pas de rires moqueurs, plutôt la joie de partager juste ces quelques mots avec le « bule » ( l’étranger  ou plus précisement caucasien)

I comme Ikats :  «  (du indonésien ikat, « attacher, nouer ») est un procédé de teinture et de tissage dans lequel le dessin est créé en teignant d’abord le fil de trame, ou le fil de chaîne, de toutes les couleurs qui vont y figurer, à des intervalles très précis, de sorte qu’au moment du tissage les éléments du dessin se créent par la juxtaposition des parties du fil de la couleur appropriée (par exemple, cinq ou six points jaunes de deux millimètres, à un mètre de distance l’un de l’autre sur la longueur du fil, viennent l’un au-dessus de l’autre au moment du tissage pour former l’œil d’un oiseau, et ainsi de suite pour chaque élément du dessin). En teignant le fil, les parties qu’on veut préserver d’une certaine couleur de teinture sont cachées par un fil qu’on noue sur le fil de la trame. On plonge ensuite le fil dans la teinture. On recommence pour les autres teintes. Par extension, le mot désigne également le tissu qui en résulte. » source Wikipedia.

Les femmes mettent environ un mois à fabriquer une pièce . Chaque région à sa couleur et ses dessins.
Une visite au marché me montrera différents modèles faits par les villageoises venues spécialement vendre leur production.

 

Les hommes eux viennent vendre leurs machettes et jouer aux dominos ( avec des cartes ), ils jouent de l’argent bien sûr, et les gains sont représentés par des bouts de bois qu’ils s’accrochent aux oreilles avec une ficelle.

J comme J’y vais ou J’y vais pas : c’est un peu le jeu auquel nous nous serons prêtés ces deux derniers mois. Nous pensions découvrir les Philippines, ce sera pour une autre fois. Nous ne pensions pas passer nos deux derniers mois en Indonésie, nous avons imaginé un moment pousser un peu plus loin vers l’est, pour rejoindre Solor et Alor, là encore, ce sera pour une autre fois. Et nous terminerons notre périple en Malaisie, côté Bornéo, chose que nous n’avions pas envisagée, il y a quelques semaines encore.

K comme Krupuc : les chips de crevette accompagnant le fameux gado gado, et dont les enfants raffolent . Le gado gado est un de nos plats préfèré, il est constitué de légumes cuits à la vapeur dans sa version diététique, ou frit dans sa version enrichie, de riz, d’un oeuf dur et d’une sauce cacahuète, la fameuse sauce satay qui pourra aussi accompagner poulet, poisson… dont voici la recette

Ingrédients : 125g de cacahuètes non salées grillées à sec, 1 cc de purée de piment fort, 2 gousses d’ail, 1 cs de sucre de palme (peut être remplacé par du sucre roux), 2 cs de sauce soja, 12 cl eau
Préparation : écraser l’ail avec le piment.
Piler les cacahuètes avec la moitié de l’eau jusqu’à obtenir une pâte.( oui maman, tu peux le faire au blinder) Ajouter le piment et l’ail, le sucre et la sauce soja et piler de nouveau, ajouter de l’eau pour obtenir une pâte. Il faut obtenir une pate assez épaisse, mais pas trop compacte tout de même.
Faire chauffer dans un wok, tout en remuant pendant 5 bonnes minutes avec un peu d’eau ou de lait de coco, selon votre convenance.
Ne vous reste plus qu’à napper vos légumes, ou tremper votre poulet avant de le faire cuire au barbecue … Ici on le sert souvent avec les légumes froids et la sauce chaude.

L comme Larentuka : la ville la plus à l’est de Flores mais que nous ne verrons pas. Fainéants, que nous sommes.

M comme Montagnes : comme celles sur les îles en face de notre hôtel que nous ne nous lasserons pas de contempler, profitant de ces derniers moments où le temps n’a pas d’importance.

N comme Noix de coco : y’en a partout, sur les arbres, râpées sur le marché, coupées en morceau sur le sol en train de sécher pour faire de l’huile… Fred est même devenu un spécialiste de l’ouverture de la coco à la machette .

O comme Ojek, ces mobylettes qui passent devant vous en vous demandant « where you going? », au début je me disais, dis donc ils sont vraiment sympas, ils pensent que je suis perdue et veulent m’aider mais non ce sont des motos taxi ! Il y en a partout et ils sont prêts à vous emmener n’importe où, on nous a même proposé de faire Ende/ Moni ( 40km) avec nos 5 sacs à dos et les enfants sur 2 ojeks !!!
Mais nous on préfère les bémos, taxi collectif, avec leur musique à fond, leur flopée de miroirs et de peluches. Mieux vaut ne pas être pressé, car sur les longues distance, ils ne partent que lorsqu’ils sont pleins.

P comme Potager qui servait à faire les plats dans notre petit hôtel au milieu des cocotiers . Un petit coin perdu, sans même une route pour y accéder.
Dans le jardin il y avait un potager ainsi qu’une porcherie pour le plus grand bonheur des enfants qui auront passer leur journée à donner à manger aux bébés cochons au biberon, faire le tour du potager pour trouver les tomates mûres, jouer au foot avec les enfants de la maison.

Q comme Quand est ce qu’on repart ?

R comme Retour : ben oui, forcément on y pense, c’est une sensation étrange que la fin d’un voyage de 10 mois. Tout le monde à envie de rentrer bien sur, retrouver la famille, les copains, le bon pain, le beurre salé, de vrais morceaux de viande, notre maison, notre jardin…. Mais en même temps, la question est là en suspens : allons nous réussir à re-rentrer dans le moule ?

S comme Sans commentaire

T comme Tsunami : Maumere était très réputé pour son corail tellement coloré et fourni, que la baie s’appelait le jardin de la mer, mais le tsunami de 1992 à fait des ravages, et le corail recommence tout juste à fleurir.
Nous aurons d’ailleurs l’occasion d’aller faire un tour en bateau autour de l’île de Babi, ou le tsunami à crée des failles sous l’eau. Un lieu magique où l’eau est d’un bleu profond tel que nous ne l’avions jamais vu.

D’ailleurs on a bien failli le voir bien plus longtemps que prévu car au moment de repartir, le moteur à fait des siennes, et il a fallu que notre capitaine nous amène à la canne tel les gondoliers de Venise, sur une île déserte afin de réparer la panne…

U comme Ultra bien dixit Lila, et pourtant c’était pas gagné avant le départ

V comme Volcans : qui nous suivent depuis notre arrivée en Indonésie. Le Kawah Ijen et son lac, vu de notre hublot d’avion. Le Agung de Bali que nous appréciions de notre plage de Senggigi puis de Gili Air, le Rinjiani gravit avec brio par Defré, le Tambora vu lors de notre « croisière » le long des cotes de sumbawa, et qui a le triste record d’avoir provoqué l’éruption la plus puissante de ces 10 000 dernières années !!! L’Inerie dans les environs de Bajawa, le Kelimutu dont nous avons pu apprécier les fameux lacs et enfin le Egon, trônant fièrement derrière notre hôtel de Wodong. L’Indonésie est la plus vaste zone volcanique du monde. J’en profite tout de même pour glisser un erratum (voir article précédent) 17 500, c’était le nombre d’îles que comprend l’archipel, par contre on compte « seulement » 500 volcans dont 130 environs sont encore actifs…

W comme Warung : ces petits restaurants où nous aurons pris la plupart de nos déjeuners, le plus souvent en compagnie des locaux. Souvent d’un aspect douteux, mais finalement servant des plats économiques et délicieux.

X comme X Ray : car il faudra bien passer par là, lors de nos nombreux vols, pour rentrer dans notre beau pays. Entre le 5 et le 6 août, ce sont pas moins de 3 vols qui nous attendent avant de rejoindre Paris. De Tawau jusqu’à Kuala Lumpur, puis de Kuala jusqu’à Amsterdam et enfin d’Amsterdam jusqu’à Paris… On va avoir fière allure à notre arrivée…

Y comme on en a pris plein les Yeux

Z comme tout reprendre à Zéro, car c’est bien ça qui nous attend à notre retour…

 

 

 

 

 

 

 

8 réponses sur “Selamat jalan”

  1. Piouuuu ! quelles aventures ! il va nous manquer ce petit blog ( mais grand par son contenu) , Karine il va falloir que tu en fasses un autre de Nantes, hein ? mais non je rigole , en tout cas j’ai hâte de vous revoir et pour mon Defré, la petite anecdote est que nous sommes en vacances en ce moment, et notre hôte d’accueil est … régisseur général technique de …. entre autre …. Roger Waters … un anglais donc , qui te plairait sûrement beaucoup ! je vous trouve bien des points commun ( sauf l’accent et l’âge ) .
    Bon , et bien c’est sans doute mon dernier petit mot sur le blog alors je vous embrasse tous bien fort et à très vite autour d’une belle assiette et une bonne bouteille de vin .
    A tout de suite les Z’ amis ….

  2. Ralala, pareil, ça va me manquer ce ptit blog avec toutes ces belles histoires et les belles photos
    Dans une semaine , vous serez en train de rentrer dans votre maison nantaise 🙂
    J’ai hâte de vous revoir
    Profitez à fond de cette fin de séjour
    Je vous embrasse

  3. Ben là, moi je dis qu’il faut le continuer ce blog, ou le changer, avec une orientation différente, en tout cas, merci à vous pour les belles photos, les supers billets d’humeur, et vos aventures…
    à très vite

    Blaise

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