Flores, d’ouest en est…

Part I : La Baie de Labuhan Bajo ou Comme un poisson dans l’eau

Nous voici donc fraichement débarqués sur l’île de Flores dans l’archipel des petites îles de la Sonde, étape la plus orientale de notre périple qui touche bientôt à sa fin. L’Espagne est de nouveau championne d’Europe, régnant en maître sur le football depuis 4 ans maintenant, bravo les Ibères.
De notre côté, difficile de décider de quoi sera fait la fin de ce voyage, les possibilités sont nombreuses, tous les noms évoqués sont alléchants. Pour la première fois, le temps viendrait à manquer. Nous pensons traverser Flores, puis pourquoi pas se rendre dans le Kalimantan, anciennement Bornéo, terre de nos cousins, les Orang Outangs, ou encore rejoindre les Sulawesi, plus connues sous le nom des Célèbes, et ses merveilleux sites de plongée. Tous ces noms font rêver, je me revois encore gamin, assis à mon bureau devant un grand planisphère, en train de parcourir des yeux ses territoires. Je ne pensais pas qu’un jour, je m’en trouverai si proche. Mais finalement, la raison l’emportera et nous choisissons de prendre le temps de découvrir Flores. L’Indonésie offre tellement de possibilités qu’il nous faudra y revenir un jour… Inchallah.
Nous débarquons à l’ouest de l’île, à Labuhan Bajo, petit port de pêche et de commerce en pleine expansion. Nous sommes toujours accompagnés de Damien, Marie et Clément, l’une des deux familles françaises rencontrées à bord de notre belle traversée de Lombok à Flores, via les îles de Komodo et Rinca, terres des dragons du même nom, mais tout cela Karine vous l’a déjà conté.
Nous passerons deux jours dans cette petite bourgade à ne pas faire grand chose. Un peu d’internet pour les uns, lecture pour les autres, un peu de course à pied pour moi. On laisse aussi les enfants profiter de leur copain Clément. Retrouver la civilisation après quelques jours en mer a du bon. On peut y faire quelques emplettes et même y trouver de bonnes tables dont nous profiterons pour fêter notre deuxième anniversaire de mariage. Nous apprécierons également une curiosité locale, sur les quais en cours de réaménagement, un tracto-pelle Caterpillar presque totalement immergé. On se dit que cela pourra faire l’objet, dans quelques années, d’un joli site de plongée sur épave. La question étant de savoir si le conducteur est encore dedans…

Désormais remis de notre croisière, nous mettons le cap au nord, sur l’île de Seraya, située à une heure de bateau de Labuhan Bajo. Nous débarquons sur une plage de sable blanc, aux eaux allant du turquoise au bleu profond, quelques bungalows en bambou sont disposés sur le rivage. On se dit que l’on va être au top pour passer les trois jours à venir. Après un repas léger et agréable, on se prépare à l’exploration de cette jolie baie et de ses fonds marins. Nous avons la chance d’être toujours accompagnés de nos amis, plongeurs avertis et fins connaisseurs de la faune et flore aquatique. Ce sera un vrai bonheur de partager avec eux la découverte du vaste monde de Nemo. Sans eux, je serai probablement passé à côté de tant de choses sans les voir ou sans pouvoir les nommer. Nous passerons donc le plus clair de notre temps dans l’eau, parfois en dessous, jusqu’à en ressortir transis de froid, tant l’envie de prolonger le plaisir était forte. Ce n’est évidemment pas la température de l’eau, proche des 35 degrés qui était en cause.


Nous avions déjà eu le bonheur sur les îles Gili de côtoyer les tortues, de les approcher, les accompagner dans leur valse lente et même de les toucher. Nous aurons encore d’autres réjouissances pendant ces trois jours. Notre quotidien sera constitué de poissons clowns, sergent major, balistes, anges, poisson globe, demoiselles, aiguilles et autres poissons perroquets, dans un environnement lumineux et multicolore, composé de coraux, de bancs de sable, de corolles, de pinacles, de vasques, d’anémones, de coraux mous, de gorgones. Nous aurons également le plaisir d’admirer des racasses (ce sera pour moi un grand moment que d’admirer ce poisson tout en parure et ornement), des seiches (dont je ne savais pas qu’elles changeaient de couleur en fonction de leur environnement… incroyable), des balistes clowns (vraisemblablement assez rares, selon nos accompagnateurs), des raies pastenagues et pour couronner le tout, nous nagerons avec des requins à pointe noire, même s’ils ne sont pas dangereux ni très volumineux, cela reste impressionnant de les voir sillonner autour de nous. Je m’arrête là pour la partie descriptions. Dans ce cas, rien ne vaut les images, Karine étant d’ailleurs en train de vous préparer un petit film sur le sujet. Cousteau, Hulot et autre Jacques Perrin n’ont qu’à bien se tenir…

Il est temps de reprendre la route et après l’exploration des fonds marins, de se lancer dans celle de l’île.

Part II : Bajawa ou la mise au vert

Nous rejoignons Labuhan Bajo pour rentrer dans l’intérieur des terres, direction Bajawa via Ruteng. Très vite, la route sinueuse s’élève dans les hauteurs et laisse entrevoir, au détour d’un virage, la superbe baie de Labuhan Bajo très escarpée, et au large, nous pouvons admirer toute une myriade d’îles dont celles de Rinca et de Komodo. Nous franchissons plusieurs cols, enserrés de montagnes et de volcans, avant d’atteindre un plateau d’altitude à quelques 1000m. Au fur et mesure que la matinée avance, le ciel se fait de plus en plus nuageux. Lorsque nous arrivons aux abords de Ruteng, la pluie et le brouillard s’en mêlent. Cette région très fertile, est le grenier à riz de Flores, et c’est sous la grisaille que nous pourront y admirer les « lingko », terrasses en forme de toile d’araignée.

Il est vrai que nous en avons traversé, des paysages de rizières, mais nous n’en avions pas encore vu des comme ça. La suite du trajet se fait essentiellement dans la grisaille, voire la purée de pois. Nous pourrons tout de même apercevoir les volcans Ranaka et Inerie, tous deux encore en activité. C’est après douze heures de route, à la nuit tombée, exténués que nous atteindrons la ville de Bajawa, située à 1100m d’altitude. Nous ressortons les pulls et tout ce qui nous reste pour nous couvrir, car ici, finie la chaleur, place au froid et à l’humidité, mais bon, on ne va pas se plaindre non plus.
Le lendemain, nous partons en bemo (sorte de combi, avec 2 banquettes face à face derrière ainsi qu’une sono survoltée et souvent fatiguée) à la découverte des villages traditionnels de la région. Au lever, finie la grisaille, c’est un beau ciel bleu qui nous accueille. Nous découvrons la ville et ses montagnes environnantes, dont le joli Inerie et ses pentes douces et régulières. Sur la route, la végétation est dense et luxuriante, une sorte de jungle d’altitude sur un relief trop escarpé pour être cultivé. Nous arrivons au village de Wolo sous un beau soleil, une femme nous y accueille et nous propose de nous faire la visite. Il faut dire que depuis que nous sommes arrivés sur Flores (et c’était déjà le cas à Lombok), nous n’avons le droit qu’à des sourires. Les gens sont accueillants et bienveillants, que ce soit dans les communautés musulmane ou catholique, qui semblent cohabiter en toute quiétude.

Nous découvrons donc une belle esplanade rectangulaire bordée de maisons sur pilotis, faites uniquement de bambou et couvertes de toit de chaume.

Elles sont toutes réalisées sur le même plan, une entrée décorée de panneaux de bois peint ou sculpté, une pièce centrale dédiée aux rituels et cérémonies, 3 ou 4 chambres pour y accueillir les 3 générations qui cohabitent ensemble et une cuisine partiellement ouverte. Notre charmante guide nous fera visiter sa maison et l’on n’imagine pas de l’extérieur un ensemble si spacieux. Derrière la maison, le jardin potager et le lavoir où Lila viendra en aide aux femmes pour la lessive du jour. En faisant le tour du village, toujours habité, on pourrait sentir une gène à se promener, appareil photo en bandoulière, mais les gens nous mettent à l’aise avec leurs sourires et nous proposerons même de poser pour quelques clichés. Comme toujours, se sont les personnes âgées et les enfants qui feront les plus beaux sujets.

Nous ferons également un crochet par l’ancien village de Wolo Lama (Lama signifiant ancien…), situé au cœur d’une bambouseraie, dont il ne reste rien ou presque, puisque les maisons ont toutes été démontées pour être ré-installées dans le nouveau village. La végétation a repris ses droits, seules persistent quelques alignements de pierres dressées.


Suite de la visite, toujours sur des routes escarpées et cabossées pour le village de Bena, plus beau vestige du pays Ngada. Mais la journée avançant, c’est sous la grisaille que nous y arrivons. Cette fois ci, le village est installé à flan de colline, toujours une esplanade bordée de maisons, mais si les matériaux sont les mêmes, l’architecture est sensiblement différente, les toits sont plus ouvragés et en leur centre, est perchée une petite statuette 20120720-150752.jpgpour éloigner les mauvais esprits. Le village est lui aussi toujours habité et il est en pleine effervescence. Hommes et femmes sont occupés à la construction d’une nouvelle hutte qui sera fêtée le soir même avec un vrai festin en train de mijoter. Nous y croiserons aussi un visage qui nous semble familier, nous le saluons et effectivement, c’est un homologue français que nous avions croisé à Pingyao en Chine, au tout début de notre long voyage, une éternité nous semble-t-il… Comme quoi, on ne le dira jamais assez, le monde est à la fois tellement vaste… et tellement petit.
Pendant notre visite, Lila et Milo préfèreront rester avec les enfants du village pour prendre un cours de pilotage de pneu…( y’avait bien une tite video, mais la connexion floresienne ne le permet pas ! )

Et enfin, pour terminer cette belle journée, nous nous rendons aux sources d’eau chaude, situées non loin de là. Ce n’est plus une route, mais une piste boueuse et semée d’ornières qu’emprunte notre bemo. Le chauffeur ne semble pas plus inquiet que ça. Il nous arrête après avoir passé un pont, nous voyons bien une rivière descendre en rapides, mais pas de sources, on nous indique alors un sentier en contrebas, et nous arrivons effectivement dans une zone moins agitée, légèrement en aval d’un point où deux torrents se rejoignent. Dans l’eau et sur les berges, ce sont des dizaines de locaux, petits et grands qui pataugent, qui s’éclaboussent ou qui font la toilette. Nous nous joignons à eux, la température de l’eau est parfaite. Tout le monde semble ravi de nous voir partager le bain avec eux, les enfants se feront rapidement des petits copains de jeu. Lila fera d’ailleurs forte impression sur les jeunes garçons de son âge… On se rend compte rapidement que la température de l’eau est le produit du mélange des deux torrents, l’un très chaud et l’autre très frais. On peut donc alterner bain quasi soporifique et douche vivifiante. Par chance, je retrouve un bout de savon qui trainait dans mon sac, cela nous évitera la douche froide à l’hôtel (et oui dans nos budgets, on trouve des chambres uniquement avec eau froide, quand on est en bord de mer, tout va bien, mais à 1100m d’altitude et dans le froid, c’est plus dur…)

Part III : Riung ou l’appel de la mer

Ces quelques jours à l’intérieur des terres, dans la fraîcheur et parfois, le froid et l‘humidité nous poussent à retrouver rapidement la chaleur et notre jardin aquatique. Nous mettons le cap au nord et le village de Riung où quelques îlots et beaux coraux ont l’air de nous attendre. Il nous faudra 3h30 en bus local, pour parcourir les 60 kms qui séparent Bajawa de Riung, on nous avait prévenu, c’est la portion de route la plus défoncée de l’île et pourtant le reste nous avait déjà semblé de bonne facture… Les paysages sont toujours somptueux, la végétation dense, les reliefs très escarpés. Passés les derniers contreforts, on aperçoit la vaste étendue d’eau turquoise et l’archipel de Tujuhbelas (qui signifie 17 îles, comme le 17 Aout 1945, date de l’indépendance de l’Indonésie, même si à bien les compter, il y en a en fait 23 au total…).


Ici, rien d’autre à faire que d’affréter un bateau pour rejoindre les îles. Alors du coup, c’est évidemment le sport local que d’arnaquer le touriste pour l’emmener faire un tour. On passera les détails, je crois que l’on s’en est plutôt bien sorti, même si le coût reste prohibitif par rapport à d’autres excursions similaires que nous avons pu faire au cours de notre périple…
Une fois l’affaire entendue, nous partons sur un petit bateau à moteur à la découverte des îles, beau paysage et première halte en mer pour baignade et snorkling, l’archipel est réputé pour ses coraux foisonnants. Pause rafraîchissante et agréable, mais pas de quoi non plus tomber à la renverse. Entre deux, les enfants auront le plaisir de prendre une leçon de navigation, finalement ils ne quitteront plus la barre, sauf bien sûr, dans les approches difficiles. 20120720-150907.jpgPour le déjeuner, deuxième arrêt sur une plage de sable blanc, avec de superbes coraux en guise d’apéritif. Après avoir avalé notre repas acheté au warung de Riung et composé de riz blanc, de légumes, de poisson grillé et d’une petite sauce curry, les locaux nous proposeront de goûter à la seiche grillée au barbecue, pêchée quelques instants plus tôt. On se régale, puis on lézarde sur la plage, on retourne à l’eau, profiter des coraux et des bébés rascasses. Dans l’après 20120720-150742.jpgmidi, on met le cap sur une île de l’autre côté de la baie pour aller observer une colonie de chauve souris géantes. Arrivés sur place, les enfants se font un plaisir de crier, taper, afin de faire le plus de bruit possible, le but étant d’embêter les copains de Batman et de les voir s’envoler pour s’éloigner un peu du vacarme. Mission réussie sans difficulté pour Lila et Milo, nous verrons une nuée de chauve souris prendre les airs. On peut dire qu’elles sont nombreuses et de belle dimension. Tout un spectacle.

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 Part IV : Ende ou this is the end … ou presque

Départ à la fraîche, au lever du soleil, toujours en bus local pour rejoindre Ende qui se trouve cette fois ci sur la côte sud. Toujours de beau paysage, plus aride pour commencer puis de nouveau verdoyant en rentrant dans les terres. Toujours des routes de m…., bref la routine ou presque. L’intérêt principal de la ville réside dans son port de pêche animé et dans le fait que peu de gens s’y arrêtent, préférant directement rejoindre Moni, point de départ pour l’ascension du Kelimutu et ses lacs colorés.

Lors de notre petite promenade en direction du marché, nous serons attirés par la musique chaleureuse qui retentit aux abords d’une église. Nous approchons et nous nous voyons conviés à assister à une répétition de la communauté catholique en vue d’un spectacle programmé quelques jours plus tard. Un orchestre accompagne un chœur et une troupe de danseurs, dans un registre proche du Gospel. C’est agréable de voir et d’entendre une foi bien vivante et si positive. Nous repartons vers le centre ville et cette fois, nous sommes interpellés par un Christ surmontant un globe terrestre avec les inscriptions « Christus Rex Mundi », sorte de Corcovado local sur le parvis de la cathédrale. Nous remettrons finalement au lendemain la visite du marché, la nuit tombant et nos estomacs sur pattes réclamant la becquée.

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Nous repartons donc de bon matin vers le marché aux poissons. C’est vraiment le centre névralgique de la ville, on y retrouve l’animation, les embouteillages, les odeurs fortes et les couleurs vives. Première halte près d’une natte où des hommes jouent aux dominos avec des cartes à jouer. Notre passage avec nos deux frimousses blondes faisant toujours sensation. Les femmes quittent leur stand pour tirer les joues ou toucher les cheveux de Milo. Les jeunes garçons toujours aussi impressionnés au passage de Lila. Nous parcourons la partie fruits et légumes, avant de rejoindre le quartier des poissonniers. Ce sont les pêcheurs qui nous interpellent pour que Karine les prenne en photo avec leurs plus belles prises, au menu, barracudas, requins, marlins, thons, raies et même un dauphin… et oui. Lila, légèrement indisposée, préfère faire halte auprès de joueurs d’échecs. C’est rapidement l’attroupement, Milo l’ayant rejoint. Ils se verront même proposer de faire quelques parties, le temps pour les locaux de prendre quelques photos de ces charmants visiteurs.

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Nous aurions pu également aller voir les plages de galets bleus, très prisés des japonais qui s’en font livrer des tonnes pour décorer leurs intérieurs, ou encore visiter le joli village traditionnel de Wolotopo et ses maisons longues, ornées de sculptures de femmes pendant et après la maternité, mais l’envie et le courage nous manquent et nous préférons partager pleinement des moments simples avec les populations locales, que de se ruer sur n’importe quelle pierre indiquée dans le Lonely Planet. Le temps a fait son œuvre et nos centres d’intérêt ont changé depuis notre départ, il y a neuf mois maintenant…

Part V : Moni, ses volcans, ses lacs colorés et « ses bambu super potatoes »

Après notre repas avalé dans le warung de la gare routière (sorte de petit lolo ou paillotte essentiellement destiné à une clientèle locale), nous embarquons à bord d’un bus bondé. Karine n’a même pas de place à proprement parlé, elle fera d’ailleurs une bonne partie du trajet sur le toit…au milieu des sacs de riz et des derniers locaux montés à bord. On se dit que la fin du voyage n’aura pas que des mauvais côtés… Derrière moi, je vois deux petites têtes blondes accompagnées de leurs parents, j’engage la conversation, c’est une famille française installée à Jakarta depuis trois ans, actuellement en vacances sur Flores. Ils se rendent également à Moni, situé à trois heures de route vers l’intérieur des terres. Encore une fois, les paysages sont somptueux, des gorges et ravines enserrées de montagnes verdoyantes, ça et là, des maisons posées en équilibre. Ce décor nous rappelle l’île de la Réunion. A mesure que nous prenons de l’altitude, les nuages et le brouillard nous entourent puis une pluie fine commence à tomber, sur le bus et sur Karine qui est toujours sur le toit… Nous arrivons dans la mélasse au petit village de Moni, situé à 600m d’altitude.

Le temps me nous donne pas trop envie d’entamer une promenade, nous restons donc à la terrasse de notre hôtel et laissons jouer les enfants avec leurs nouveaux compagnons de jeu, Marius bientôt 4 ans et Alix, 2 ans. Nous voyons passer un petit garçon avec, à la main, une queue de bœuf fraîchement coupée, puis un cortège d’hommes, avec le reste de l’animal suspendu à deux gros bambous. Ils viennent s’installer sous un appentis, juste en contrebas de l’hôtel, pour débiter la bête. En effet, une fête se prépare pour les deux jours à venir. Nous assisterons, petits et grands, à cet incroyable spectacle pour nous et quoi que très naturel pour les gens du village.

Puis c’est au tour de Arram, de venir nous rendre visite sur notre terrasse, pour nous vanter les mérites de son restaurant, le Bambu. Il nous dit proposer un repas de qualité et unique dans la région. Son anglais est très correct, il nous parle de riz organique venant des montagnes, de soupes de légumes aromatisées de lait de coco, de citronnelle, d’épices et d’herbes cueillies au bord de la rivière. Le tarif n’est pas donné, on se regarde avec nos voisins de chambrée français, hésitants. Nous acceptons finalement en négociant un peu le tarif, son invitation. Le rendez vous est pris pour le soir même à 19h00. Il nous demande une petite avance pour faire quelques courses, il nous fait un plan sur un bout de papier pour rejoindre son restaurant… on se dit que l’arnaque n’est pas loin, mais on prend le risque. Ce jeune homme nous a très bien vendu son dîner. Et le soir venu, nous trouvons finalement l’adresse indiquée, une sorte de boui-boui qui ne paye pas de mine. Mais lorsque les plats sont disposés sur la table, on sent que l’on ne s’est pas trompés. Festival d’odeurs, de saveurs, la soupe est divine, le riz excellent, une salade de fleur de bananier relevée d’herbes et de coco râpée s’avère être un délice, le tofu et le poulet préparés dans une sorte de sauce curry sont à tomber. Pour arroser le tout, la traditionnelle Bintang Beer et pour la digestion, un thé à la citronnelle. On ne regrette vraiment pas d’être venus et le patron est tellement charmant que l’on décide de remettre ça le lendemain midi pour fêter notre matinée passée sur le Kelimutu et ses trois lacs. Mais attention, pour nous convaincre totalement, Arram, notre hôte, nous précise que le menu sera totalement différent, soupe de potiron, lait de coco et citronnelle, bien sûr, salade d’herbes sauvages réhaussée d’épices, de coco rapée, of course, riz agrémenté de pois, tofu et poulet, mais surtout, les « bambu super potatoes », en guise d’apothéose. Notre hôte assure le spectacle, et nous tient en haleine, tel un conteur face à une horde d’enfants envoutés. Nous repartons le sourire aux lèvres, les papilles ravies et l’estomac comblé… Vivement demain.

Il est temps d’aller se coucher, mais nous découvrons que la grande fête du village a déjà commencé, et la boite de nuit est installée… sous nos fenêtres. Au milieu de la nuit, alors que le calme règne enfin, un violent orage éclate. Ca semble compromis pour notre ascension du lendemain. Nous avons d’ailleurs rencontré pas mal de monde revenant du Kelimutu et qui n’ont pu apprécier ni le volcan, ni les lacs…
Finalement au lever, le ciel s’est partiellement dégagé. Après le petit déjeuner, nous embarquons à bord d’un bemo avec nos nouveaux compagnons de route à l’assaut du volcan. Arrivés sur place, et après une petite demi heure de marche, nous atteignons les bords du premier cratère… dans le brouillard. Puis nous commençons à distinguer le premier lac, aux eaux bleu azur, puis un deuxième, dans les mêmes tons mais plus laiteux. Lorsque nous atteignons le deuxième point de vue, offrant un panorama sur les trois lacs, le ciel s’est dégagé, le brouillard dissipé et un beau ciel bleu apparaît. Le soleil commence même à nous réchauffer et nous restons là, une bonne partie de la matinée à profiter du superbe paysage. Le troisième lac, légèrement à l’écart, revêt une couleur vert sombre. Dans l’un des lacs, on distingue des taches de souffre en surface, on dirait un pot de peinture glycero mal mélangé. Selon la luminosité et l’ombre portée des nuages, le spectacle est en perpétuel changement. On ne se lassera pas d’admirer cette féerie.

Puis il est temps de redescendre au village, où nous attendent un bon repas et nos fameuses potatoes… Nous étions partis pour faire le trajet retour à pied, mais au bout de deux heures de marche et à peine un quart du trajet accompli, nous faisons finalement du stop et un gentil conducteur de bemo nous déposera à l’entrée du village. Encore un petit effort et nous voici attablés, prêts à déguster de nouveaux mets. Encore une fois, nous ne serons pas déçus, sauf peut être par les « bambu super potatoes », mais notre hôte nous les avait tellement bien vendues et le reste du menu était tellement savoureux, que cela restera un détail.
Dans l’après midi, on se met en quête des sources d’eau chaude (une spécialité en Indonésie, mais c’est normal avec ses 17000 iles et presque autant de volcans actifs, c’est un peu comme notre Islande à nous, hein tata…la pneumonie en moins… j’espère que tu es totalement remise). Finalement, on nous indique une cascade à la sortie du village, on s’en contentera. L’eau est d’ailleurs assez tiède. On en profite pour faire la toilette (une habitude maintenant dans les villages d’altitude). Voilà Moni, c’est fini.

3 réponses sur “Flores, d’ouest en est…”

  1. Salut !
    nous on rentre de Tours : rillettes à manger, Chinon à écluser, moutons à nourrir, oeufs à ramasser, un petit coup de moissonneuse batteuse histoire de couper du blé, deux trois kg de haricots à ramasser, moins exotique mais génial comme d’hab… des bizz

  2. Merci de nous faire partager cette partie d’Indonésie que nous n’avons pas eu le bonheur de découvrir. Nous pensons bien fort à vous… Dans environ une semaine vous serez de retour chez vous. Profitez de ces derniers instants de « temps suspendu » car le retour : c’est pas de la tarte !
    15 jours que nous sommes rentrés et nous sommes toujours dans le même état : impossible de faire plusieurs choses en même temps, Damien lui met 3 jours pour tondre 450 M2 de pelouse ! Nous ne sommes pas vraiment là mais plus ailleurs… J’espère qu’il en sera autrement pour vous ! bisous à vous 4

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