Fini l’Air, à nous l’eau…

Et bien voilà, cela fait maintenant 17 jours que nous sommes à gili Air, plus grosse étape du tour ! Un vrai piège que cette petite île, où il fait bon vivre sans aucune pollution sonore, visuelle ou olfactive, ici seul le clapotis des vagues vient perturber votre sieste ( euh et un peu les coqs et les appels à la prière aussi ), il n’y a que mer bleue et montagnes à perte de vue, et l’odeur du saté pour vous chatouiller les narines … Nous aurons profité pleinement des tortues, j’aurais fait de belles plongées parmi requins, raies, poissons clowns, murènes, poisson scorpion, empereur, ne manque que les hippocampes que mes yeux non aguerris n’aurons pas réussi à trouver ….. Nous aurons eu l’occasion de fêter tranquillement mon anniversaire avec un vrai gâteau au chocolat, et Fred aura fait l’ascension du mont Rinjiani, il en est revenu fourbu, je lui laisse vous conter son périple.

 » 19 juin : Je laisse donc la petite famille coulée des jours tranquilles dans ce petit paradis terrestre et aquatique que sont les îles Gili, pour rejoindre la grande île de Lombok pour un trek de trois jours dans les hauteurs. Après une courte traversée en bateau et une bonne heure de voiture, me voici dans le village de Senaru à 600 m d’altitude , lieu de départ de mon trek. Le lendemain matin débute notre ascension, nous empruntons des sentiers au travers de plantations de café et de cacao. Nous sommes accompagnés d’un guide et de trois porteurs, ainsi que trois autres personnes, d’autres gens devant nous rejoindre plus loin. Sur la fin de matinée, une petite pluie commence à tomber. Au moment de la pause déjeuner, la pluie s’intensifie. Plusieurs groupes sont déjà là et certains sont en fait sur le retour, des intempéries sur le campement les ayant obligés à faire demi tour sans pouvoir atteindre le volcan , ni le sommet… Le froid se fait déjà sentir, le thé et le repas qui nous sont servis , sont les bienvenus. L’heure tourne et il nous faut repartir, malgré la pluie. Nous évoluons toujours dans une épaisse forêt et la pluie se calme enfin. Nous sortons de la forêt pour rejoindre la lande, le brouillard au dessus de nos têtes nous empêchent de discerner le paysage. En fin d’après midi, nous rejoignons le campement situé à 2000 m d’altitude, nos porteurs installent les tentes, récoltent du bois (humide évidemment) afin de préparer le feu et le repas. Le ciel se dégage, nous pouvons enfin apercevoir les reliefs des montagnes et de l’île en contre bas. Dès la tombée de la nuit, le froid et l’humidité se font sentir, nous prenons une bon repas devant le feu puis couchage, on ne fera pas de vieux os. J’avoue avoir plutôt bien dormi, au réveil, le temps est dégagé, nous avalons un bon petit déjeuner et café, puis nous repartons pour rejoindre le cratère où nous devions initialement passer la nuit, mais les intempéries nous avaient ralenties. La pente est raide, les sentiers sont glissants et boueux mais le paysage, lorsque nous parvenons au bord du cratère, est magnifique. On distingue l’ensemble du cratère dominé par le sommet et en contre bas, un lac en forme de lune, encerclant un jeune volcan dont s’échappent quelques fumerolles. Pas mal.
Nous entamons désormais une descente escarpée à l’intérieur du cratère pour rejoindre les bords du lac, situé à 2000 m, où nous ferons la pause déjeuner. Le ciel commence à se charger légèrement, à notre arrivée au lac, il fait gris, mais une grande réjouissance nous attend. Des sources d’eau chaude ainsi qu’une cascade nous attendent à 10 minutes de là, le temps que le repas se prépare.

20120627-144810.jpg

20120627-144925.jpg
Nous partons donc avec le groupe constitué de deux couples anglo saxons et d’un belge et d’un coréen avec lesquels je ferai l’essentiel de cette escapade. Nous contournons une cascade d’une dizaine de mètres de hauteur pour rejoindre, en contrebas, un méandre de la rivière où de petites piscines naturelles nous attendent. Ici, l’eau chaude remonte à travers des fissures dans la roche, on voit des bulles d’eau chaude remontée à la surface ou affleurer de la roche, le mélange avec l’eau de la rivière provenant du lac donne des bains très agréables. On s’y prélasse pendant un bon moment. Enfin le guide nous fait savoir que la récréation est finie, que le repas est prêt. Après déjeuner, nous quittons les bords du lac et reprenons l’ascension du cratère pour rejoindre notre campement situé à 2600 m d’altitude. Le temps se charge encore et cette fois, la pluie reprend. Le sentier est toujours très escarpé et glissant. Nous évoluons sur une alternance de chemin de terre (ou de boue) et de pierriers. Il nous faut parfois nous tenir avec les mains afin de franchir les dénivelés importants. Milieu d’après midi, la pluie cesse mais le froid et l’humidité sont bien présents. Nous rejoignons enfin le campement et le ciel se dégage, laissant apparaître en contrebas, une mer de nuage et autour de nous, les sommets dont le Rinjiani culminant à plus de 3700 m d’altitude. Le soleil réchauffe nos corps et nos habits trempés de sueur et de pluie. Un bon moment de détente, après une journée intense. Le campement est maintenant installé, le feu est lancé et nous assistons à un joli coucher de soleil avec toujours cette mer de nuage en contrebas et des nuages au dessus de nous se formant, puis disparaissant, dévoilant à la dérobée, les sommets et le soleil.

20120627-144838.jpg
La lune apparaît à son tour, puis les premières étoiles, enfin, le ciel se dégage totalement. Nous prenons notre repas dans la foulée, regroupés sous une bâche tendue, prêt du feu. Puis il faut vite aller se coucher car demain, lever à 02h30 du matin pour l’ascension au sommet… J’en profite quand même cinq minutes pour regarder la voie lactée au dessus de nous.
Le sommeil vient vite, la fatigue aidant. Le réveil sonne, on avale un thé bien chaud et quelques biscuits puis nous voilà partis (nous ne serons que trois, à la finale à faire l’ascension, mes deux compagnons belgo-coréens et moi même), avec nos lampes frontales pour 1000 m de dénivelé.
La montée se révèle très difficile, plus aucune végétation autour de nous, la terre a laissé place à une couche de graviers, poussière et petites roches de lave. On s’enfonce et on glisse au fur et à mesure que l’on avance. Après trois heures d’ascension intense sous un ciel étoilé, nous arrivons enfin au sommet. Un vent glacial souffle et les premières lueurs apparaissent à l’est. On commence à distinguer autour de nous, le cratère, le lac, les contours de l’île, puis les îles Gili et Bali à l’ouest, ainsi que Sumbawa et les îles de la sonde à l’est. Les conditions sont idéales, on reprend notre souffle et repose nos muscles pendant que le soleil commence à apparaître. On en profite pour prendre quelques photos.

20120627-145224.jpg

Le soleil nous réchauffe, on est content d’avoir fini cette ascension. Pour la descente, il faut faire comme à ski dans la poudreuse, sur les talons et on glisse. Éprouvant mais très drôle, la descente est grisante jusqu’au campement où un bon petit déjeuner nous attend. La vue est toujours aussi magnifique et dégagée, on se régale. Après le petit déjeuner et un peu de repos, on prend donc le chemin de retour vers Sembalung, petit village à 900 m d’altitude. On retrouve la végétation, la lande d’abord puis la forêt. Nous traverserons quelques rivières de lave, vestiges d’éruptions antérieures. Le sentier est toujours aussi raide et escarpé, ça tire vraiment dans les muscles. Au moment de la pause déjeuner, on s’allonge pour récupérer un peu. Après trois jours éprouvants, il me tarde maintenant de retrouver la petite famille, une bonne douche et la douceur des îles Gili. On repart donc pour les deux dernières heures de marche. Nous retrouvons petit à petit la civilisation, avec quelques cases, des plantations, puis le village se dessine. Enfin nous rejoignons les rizières, les vergers et un parking aux abords du village où attendent gentiment des camions plateau, afin de ramener tout le monde sur Senaru.
J’en profite pour saluer les porteurs qui nous ont accompagnés pendant ces trois jours. Il faut savoir qu’ils se trimballent avec deux énormes paniers fixés sur un bambou de deux mètres, qu’ils portent à l’épaule. Ils sont chaussés d’une paire de tong, vêtus d’un short et d’un T-shirt. Ils sont capables de monter un camp et de lancer un feu sous une pluie battante et avec du bois mouillé. Ils passent la nuit sous une bâche sans couverture, pendant que je dors sous une tente avec un matelas, un duvet et un oreiller. Pas de coupe vent en cas de pluie ou de froid. Ils dévalaient la pente en courant sur les pierres ou sur les sentiers boueux. Des vrais durs , et gentils comme tout en plus.
Encore une bonne heure de route puis une petite traversée et me voici pour le coucher du soleil auprès de ma petite famille, au loin, je distingue Lombok et son massif, je le regarderai différemment maintenant. « 

On aurait pu finir notre voyage ici, mais je ne suis pas sur que nous aurions réussi à repartir. Et puis nous voulons aller voir la où l’océan pacifique et l’océan indien se rejoignent …
Après avoir dit au revoir à nos amies les tortues, nous partons pour Flores demain matin, quatre jours de bateau nous attendent avec un passage par Komodo et ses dragons !

20120627-145314.jpg

20120627-144652.jpg

20120627-161132.jpg

20120627-144642.jpg

20120627-161153.jpg

17 réponses sur “Fini l’Air, à nous l’eau…”

  1. Merci Defré de faire prendre conscience aux feignasses d’ici qu’il y a des gens prêts à faire un feu sous la pluie, à endurer des conditions climatiques incroyables en tongs, et à se faire payer peu avec le sourire. J’ai une idée business pour toi: ramènes les en France et part ta boite de prod: succès assuré!!!

  2. Ben moi ce matin, j’ai fait de l’ordi au réveil, puis j’ai mangé des nouilles vers treize heures, et je vais peut être me doucher. Vous voyez, il en suffit de peu pour vivre des aventures incroyables.

  3. bravo à mon baroudeur de fils, le reportage est magnifique ainsi que les photos, je pense que le repos est bien mérité après cela ; après les tortues, vous allez voir les dragons moins sympathiques ; on attend la suite des aventures …. bizzzzzzzzzzz

  4. Bon , je suis en train de nous inscrire pour les jeux télévisés à la c.. ! vous allez voir on va faire une équipe formidable , on peut que gagner … alors on a Koh Lanta en Octobre , Pékin express en Décembre et l’île de la tentation en Février !!! et après ça , avec la notoriété qu’on aura acquise , notre nouveau régisseur Blaise va nous trouver des sponsors et on part faire le tour du monde en tong avec les copains de Defré … ok ?

      1. Pékin aussi mais pas en express
        Et pour l ile, le choix va être difficile si on en croit les photos
        toutes plus tentantes les unes que les autres…..

  5. Bravo à Frédéric pour son trek dans les montagnes de Lombok avec assaut final internationnal Franco Belco Coréen , bravo à Karine pour son vol subaquatique dans le monde du silence, bravo à Lila pour la danse tellement gracieuse et bravo à Milo qui s’occupe si bien des petits singes, mais attention aux dragons de Komodo, je crois qu’ils n’aiment pas beaucoup les cacahuettes.
    On vous aime!!!

  6. Ben, c’est qu’il va s’ennuyer notre Fred quand il va devoir faire l’ascension de la butte Sainte Anne !! Et elle va faire quoi notre Karine quand elle va plonger dans les eaux poissonneuses de la piscine Gloriette !!! Mais pas de panique, Lila ira danser au LC Club et Milo grimpera sur l’arbre aux hérons des machines de l’Ile !……Vous nous manquez : c’est quand qu’on vous récupère et qu’on se fait des apéros ?????? Bisous YouYou

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *