Flores, d’ouest en est…

Part I : La Baie de Labuhan Bajo ou Comme un poisson dans l’eau

Nous voici donc fraichement débarqués sur l’île de Flores dans l’archipel des petites îles de la Sonde, étape la plus orientale de notre périple qui touche bientôt à sa fin. L’Espagne est de nouveau championne d’Europe, régnant en maître sur le football depuis 4 ans maintenant, bravo les Ibères.
De notre côté, difficile de décider de quoi sera fait la fin de ce voyage, les possibilités sont nombreuses, tous les noms évoqués sont alléchants. Pour la première fois, le temps viendrait à manquer. Nous pensons traverser Flores, puis pourquoi pas se rendre dans le Kalimantan, anciennement Bornéo, terre de nos cousins, les Orang Outangs, ou encore rejoindre les Sulawesi, plus connues sous le nom des Célèbes, et ses merveilleux sites de plongée. Tous ces noms font rêver, je me revois encore gamin, assis à mon bureau devant un grand planisphère, en train de parcourir des yeux ses territoires. Je ne pensais pas qu’un jour, je m’en trouverai si proche. Mais finalement, la raison l’emportera et nous choisissons de prendre le temps de découvrir Flores. L’Indonésie offre tellement de possibilités qu’il nous faudra y revenir un jour… Inchallah.
Nous débarquons à l’ouest de l’île, à Labuhan Bajo, petit port de pêche et de commerce en pleine expansion. Nous sommes toujours accompagnés de Damien, Marie et Clément, l’une des deux familles françaises rencontrées à bord de notre belle traversée de Lombok à Flores, via les îles de Komodo et Rinca, terres des dragons du même nom, mais tout cela Karine vous l’a déjà conté.
Nous passerons deux jours dans cette petite bourgade à ne pas faire grand chose. Un peu d’internet pour les uns, lecture pour les autres, un peu de course à pied pour moi. On laisse aussi les enfants profiter de leur copain Clément. Retrouver la civilisation après quelques jours en mer a du bon. On peut y faire quelques emplettes et même y trouver de bonnes tables dont nous profiterons pour fêter notre deuxième anniversaire de mariage. Nous apprécierons également une curiosité locale, sur les quais en cours de réaménagement, un tracto-pelle Caterpillar presque totalement immergé. On se dit que cela pourra faire l’objet, dans quelques années, d’un joli site de plongée sur épave. La question étant de savoir si le conducteur est encore dedans…

Désormais remis de notre croisière, nous mettons le cap au nord, sur l’île de Seraya, située à une heure de bateau de Labuhan Bajo. Nous débarquons sur une plage de sable blanc, aux eaux allant du turquoise au bleu profond, quelques bungalows en bambou sont disposés sur le rivage. On se dit que l’on va être au top pour passer les trois jours à venir. Après un repas léger et agréable, on se prépare à l’exploration de cette jolie baie et de ses fonds marins. Nous avons la chance d’être toujours accompagnés de nos amis, plongeurs avertis et fins connaisseurs de la faune et flore aquatique. Ce sera un vrai bonheur de partager avec eux la découverte du vaste monde de Nemo. Sans eux, je serai probablement passé à côté de tant de choses sans les voir ou sans pouvoir les nommer. Nous passerons donc le plus clair de notre temps dans l’eau, parfois en dessous, jusqu’à en ressortir transis de froid, tant l’envie de prolonger le plaisir était forte. Ce n’est évidemment pas la température de l’eau, proche des 35 degrés qui était en cause.


Nous avions déjà eu le bonheur sur les îles Gili de côtoyer les tortues, de les approcher, les accompagner dans leur valse lente et même de les toucher. Nous aurons encore d’autres réjouissances pendant ces trois jours. Notre quotidien sera constitué de poissons clowns, sergent major, balistes, anges, poisson globe, demoiselles, aiguilles et autres poissons perroquets, dans un environnement lumineux et multicolore, composé de coraux, de bancs de sable, de corolles, de pinacles, de vasques, d’anémones, de coraux mous, de gorgones. Nous aurons également le plaisir d’admirer des racasses (ce sera pour moi un grand moment que d’admirer ce poisson tout en parure et ornement), des seiches (dont je ne savais pas qu’elles changeaient de couleur en fonction de leur environnement… incroyable), des balistes clowns (vraisemblablement assez rares, selon nos accompagnateurs), des raies pastenagues et pour couronner le tout, nous nagerons avec des requins à pointe noire, même s’ils ne sont pas dangereux ni très volumineux, cela reste impressionnant de les voir sillonner autour de nous. Je m’arrête là pour la partie descriptions. Dans ce cas, rien ne vaut les images, Karine étant d’ailleurs en train de vous préparer un petit film sur le sujet. Cousteau, Hulot et autre Jacques Perrin n’ont qu’à bien se tenir…

Il est temps de reprendre la route et après l’exploration des fonds marins, de se lancer dans celle de l’île.

Part II : Bajawa ou la mise au vert

Nous rejoignons Labuhan Bajo pour rentrer dans l’intérieur des terres, direction Bajawa via Ruteng. Très vite, la route sinueuse s’élève dans les hauteurs et laisse entrevoir, au détour d’un virage, la superbe baie de Labuhan Bajo très escarpée, et au large, nous pouvons admirer toute une myriade d’îles dont celles de Rinca et de Komodo. Nous franchissons plusieurs cols, enserrés de montagnes et de volcans, avant d’atteindre un plateau d’altitude à quelques 1000m. Au fur et mesure que la matinée avance, le ciel se fait de plus en plus nuageux. Lorsque nous arrivons aux abords de Ruteng, la pluie et le brouillard s’en mêlent. Cette région très fertile, est le grenier à riz de Flores, et c’est sous la grisaille que nous pourront y admirer les « lingko », terrasses en forme de toile d’araignée.

Il est vrai que nous en avons traversé, des paysages de rizières, mais nous n’en avions pas encore vu des comme ça. La suite du trajet se fait essentiellement dans la grisaille, voire la purée de pois. Nous pourrons tout de même apercevoir les volcans Ranaka et Inerie, tous deux encore en activité. C’est après douze heures de route, à la nuit tombée, exténués que nous atteindrons la ville de Bajawa, située à 1100m d’altitude. Nous ressortons les pulls et tout ce qui nous reste pour nous couvrir, car ici, finie la chaleur, place au froid et à l’humidité, mais bon, on ne va pas se plaindre non plus.
Le lendemain, nous partons en bemo (sorte de combi, avec 2 banquettes face à face derrière ainsi qu’une sono survoltée et souvent fatiguée) à la découverte des villages traditionnels de la région. Au lever, finie la grisaille, c’est un beau ciel bleu qui nous accueille. Nous découvrons la ville et ses montagnes environnantes, dont le joli Inerie et ses pentes douces et régulières. Sur la route, la végétation est dense et luxuriante, une sorte de jungle d’altitude sur un relief trop escarpé pour être cultivé. Nous arrivons au village de Wolo sous un beau soleil, une femme nous y accueille et nous propose de nous faire la visite. Il faut dire que depuis que nous sommes arrivés sur Flores (et c’était déjà le cas à Lombok), nous n’avons le droit qu’à des sourires. Les gens sont accueillants et bienveillants, que ce soit dans les communautés musulmane ou catholique, qui semblent cohabiter en toute quiétude.

Nous découvrons donc une belle esplanade rectangulaire bordée de maisons sur pilotis, faites uniquement de bambou et couvertes de toit de chaume.

Elles sont toutes réalisées sur le même plan, une entrée décorée de panneaux de bois peint ou sculpté, une pièce centrale dédiée aux rituels et cérémonies, 3 ou 4 chambres pour y accueillir les 3 générations qui cohabitent ensemble et une cuisine partiellement ouverte. Notre charmante guide nous fera visiter sa maison et l’on n’imagine pas de l’extérieur un ensemble si spacieux. Derrière la maison, le jardin potager et le lavoir où Lila viendra en aide aux femmes pour la lessive du jour. En faisant le tour du village, toujours habité, on pourrait sentir une gène à se promener, appareil photo en bandoulière, mais les gens nous mettent à l’aise avec leurs sourires et nous proposerons même de poser pour quelques clichés. Comme toujours, se sont les personnes âgées et les enfants qui feront les plus beaux sujets.

Nous ferons également un crochet par l’ancien village de Wolo Lama (Lama signifiant ancien…), situé au cœur d’une bambouseraie, dont il ne reste rien ou presque, puisque les maisons ont toutes été démontées pour être ré-installées dans le nouveau village. La végétation a repris ses droits, seules persistent quelques alignements de pierres dressées.


Suite de la visite, toujours sur des routes escarpées et cabossées pour le village de Bena, plus beau vestige du pays Ngada. Mais la journée avançant, c’est sous la grisaille que nous y arrivons. Cette fois ci, le village est installé à flan de colline, toujours une esplanade bordée de maisons, mais si les matériaux sont les mêmes, l’architecture est sensiblement différente, les toits sont plus ouvragés et en leur centre, est perchée une petite statuette 20120720-150752.jpgpour éloigner les mauvais esprits. Le village est lui aussi toujours habité et il est en pleine effervescence. Hommes et femmes sont occupés à la construction d’une nouvelle hutte qui sera fêtée le soir même avec un vrai festin en train de mijoter. Nous y croiserons aussi un visage qui nous semble familier, nous le saluons et effectivement, c’est un homologue français que nous avions croisé à Pingyao en Chine, au tout début de notre long voyage, une éternité nous semble-t-il… Comme quoi, on ne le dira jamais assez, le monde est à la fois tellement vaste… et tellement petit.
Pendant notre visite, Lila et Milo préfèreront rester avec les enfants du village pour prendre un cours de pilotage de pneu…( y’avait bien une tite video, mais la connexion floresienne ne le permet pas ! )

Et enfin, pour terminer cette belle journée, nous nous rendons aux sources d’eau chaude, situées non loin de là. Ce n’est plus une route, mais une piste boueuse et semée d’ornières qu’emprunte notre bemo. Le chauffeur ne semble pas plus inquiet que ça. Il nous arrête après avoir passé un pont, nous voyons bien une rivière descendre en rapides, mais pas de sources, on nous indique alors un sentier en contrebas, et nous arrivons effectivement dans une zone moins agitée, légèrement en aval d’un point où deux torrents se rejoignent. Dans l’eau et sur les berges, ce sont des dizaines de locaux, petits et grands qui pataugent, qui s’éclaboussent ou qui font la toilette. Nous nous joignons à eux, la température de l’eau est parfaite. Tout le monde semble ravi de nous voir partager le bain avec eux, les enfants se feront rapidement des petits copains de jeu. Lila fera d’ailleurs forte impression sur les jeunes garçons de son âge… On se rend compte rapidement que la température de l’eau est le produit du mélange des deux torrents, l’un très chaud et l’autre très frais. On peut donc alterner bain quasi soporifique et douche vivifiante. Par chance, je retrouve un bout de savon qui trainait dans mon sac, cela nous évitera la douche froide à l’hôtel (et oui dans nos budgets, on trouve des chambres uniquement avec eau froide, quand on est en bord de mer, tout va bien, mais à 1100m d’altitude et dans le froid, c’est plus dur…)

Part III : Riung ou l’appel de la mer

Ces quelques jours à l’intérieur des terres, dans la fraîcheur et parfois, le froid et l‘humidité nous poussent à retrouver rapidement la chaleur et notre jardin aquatique. Nous mettons le cap au nord et le village de Riung où quelques îlots et beaux coraux ont l’air de nous attendre. Il nous faudra 3h30 en bus local, pour parcourir les 60 kms qui séparent Bajawa de Riung, on nous avait prévenu, c’est la portion de route la plus défoncée de l’île et pourtant le reste nous avait déjà semblé de bonne facture… Les paysages sont toujours somptueux, la végétation dense, les reliefs très escarpés. Passés les derniers contreforts, on aperçoit la vaste étendue d’eau turquoise et l’archipel de Tujuhbelas (qui signifie 17 îles, comme le 17 Aout 1945, date de l’indépendance de l’Indonésie, même si à bien les compter, il y en a en fait 23 au total…).


Ici, rien d’autre à faire que d’affréter un bateau pour rejoindre les îles. Alors du coup, c’est évidemment le sport local que d’arnaquer le touriste pour l’emmener faire un tour. On passera les détails, je crois que l’on s’en est plutôt bien sorti, même si le coût reste prohibitif par rapport à d’autres excursions similaires que nous avons pu faire au cours de notre périple…
Une fois l’affaire entendue, nous partons sur un petit bateau à moteur à la découverte des îles, beau paysage et première halte en mer pour baignade et snorkling, l’archipel est réputé pour ses coraux foisonnants. Pause rafraîchissante et agréable, mais pas de quoi non plus tomber à la renverse. Entre deux, les enfants auront le plaisir de prendre une leçon de navigation, finalement ils ne quitteront plus la barre, sauf bien sûr, dans les approches difficiles. 20120720-150907.jpgPour le déjeuner, deuxième arrêt sur une plage de sable blanc, avec de superbes coraux en guise d’apéritif. Après avoir avalé notre repas acheté au warung de Riung et composé de riz blanc, de légumes, de poisson grillé et d’une petite sauce curry, les locaux nous proposeront de goûter à la seiche grillée au barbecue, pêchée quelques instants plus tôt. On se régale, puis on lézarde sur la plage, on retourne à l’eau, profiter des coraux et des bébés rascasses. Dans l’après 20120720-150742.jpgmidi, on met le cap sur une île de l’autre côté de la baie pour aller observer une colonie de chauve souris géantes. Arrivés sur place, les enfants se font un plaisir de crier, taper, afin de faire le plus de bruit possible, le but étant d’embêter les copains de Batman et de les voir s’envoler pour s’éloigner un peu du vacarme. Mission réussie sans difficulté pour Lila et Milo, nous verrons une nuée de chauve souris prendre les airs. On peut dire qu’elles sont nombreuses et de belle dimension. Tout un spectacle.

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 Part IV : Ende ou this is the end … ou presque

Départ à la fraîche, au lever du soleil, toujours en bus local pour rejoindre Ende qui se trouve cette fois ci sur la côte sud. Toujours de beau paysage, plus aride pour commencer puis de nouveau verdoyant en rentrant dans les terres. Toujours des routes de m…., bref la routine ou presque. L’intérêt principal de la ville réside dans son port de pêche animé et dans le fait que peu de gens s’y arrêtent, préférant directement rejoindre Moni, point de départ pour l’ascension du Kelimutu et ses lacs colorés.

Lors de notre petite promenade en direction du marché, nous serons attirés par la musique chaleureuse qui retentit aux abords d’une église. Nous approchons et nous nous voyons conviés à assister à une répétition de la communauté catholique en vue d’un spectacle programmé quelques jours plus tard. Un orchestre accompagne un chœur et une troupe de danseurs, dans un registre proche du Gospel. C’est agréable de voir et d’entendre une foi bien vivante et si positive. Nous repartons vers le centre ville et cette fois, nous sommes interpellés par un Christ surmontant un globe terrestre avec les inscriptions « Christus Rex Mundi », sorte de Corcovado local sur le parvis de la cathédrale. Nous remettrons finalement au lendemain la visite du marché, la nuit tombant et nos estomacs sur pattes réclamant la becquée.

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Nous repartons donc de bon matin vers le marché aux poissons. C’est vraiment le centre névralgique de la ville, on y retrouve l’animation, les embouteillages, les odeurs fortes et les couleurs vives. Première halte près d’une natte où des hommes jouent aux dominos avec des cartes à jouer. Notre passage avec nos deux frimousses blondes faisant toujours sensation. Les femmes quittent leur stand pour tirer les joues ou toucher les cheveux de Milo. Les jeunes garçons toujours aussi impressionnés au passage de Lila. Nous parcourons la partie fruits et légumes, avant de rejoindre le quartier des poissonniers. Ce sont les pêcheurs qui nous interpellent pour que Karine les prenne en photo avec leurs plus belles prises, au menu, barracudas, requins, marlins, thons, raies et même un dauphin… et oui. Lila, légèrement indisposée, préfère faire halte auprès de joueurs d’échecs. C’est rapidement l’attroupement, Milo l’ayant rejoint. Ils se verront même proposer de faire quelques parties, le temps pour les locaux de prendre quelques photos de ces charmants visiteurs.

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Nous aurions pu également aller voir les plages de galets bleus, très prisés des japonais qui s’en font livrer des tonnes pour décorer leurs intérieurs, ou encore visiter le joli village traditionnel de Wolotopo et ses maisons longues, ornées de sculptures de femmes pendant et après la maternité, mais l’envie et le courage nous manquent et nous préférons partager pleinement des moments simples avec les populations locales, que de se ruer sur n’importe quelle pierre indiquée dans le Lonely Planet. Le temps a fait son œuvre et nos centres d’intérêt ont changé depuis notre départ, il y a neuf mois maintenant…

Part V : Moni, ses volcans, ses lacs colorés et « ses bambu super potatoes »

Après notre repas avalé dans le warung de la gare routière (sorte de petit lolo ou paillotte essentiellement destiné à une clientèle locale), nous embarquons à bord d’un bus bondé. Karine n’a même pas de place à proprement parlé, elle fera d’ailleurs une bonne partie du trajet sur le toit…au milieu des sacs de riz et des derniers locaux montés à bord. On se dit que la fin du voyage n’aura pas que des mauvais côtés… Derrière moi, je vois deux petites têtes blondes accompagnées de leurs parents, j’engage la conversation, c’est une famille française installée à Jakarta depuis trois ans, actuellement en vacances sur Flores. Ils se rendent également à Moni, situé à trois heures de route vers l’intérieur des terres. Encore une fois, les paysages sont somptueux, des gorges et ravines enserrées de montagnes verdoyantes, ça et là, des maisons posées en équilibre. Ce décor nous rappelle l’île de la Réunion. A mesure que nous prenons de l’altitude, les nuages et le brouillard nous entourent puis une pluie fine commence à tomber, sur le bus et sur Karine qui est toujours sur le toit… Nous arrivons dans la mélasse au petit village de Moni, situé à 600m d’altitude.

Le temps me nous donne pas trop envie d’entamer une promenade, nous restons donc à la terrasse de notre hôtel et laissons jouer les enfants avec leurs nouveaux compagnons de jeu, Marius bientôt 4 ans et Alix, 2 ans. Nous voyons passer un petit garçon avec, à la main, une queue de bœuf fraîchement coupée, puis un cortège d’hommes, avec le reste de l’animal suspendu à deux gros bambous. Ils viennent s’installer sous un appentis, juste en contrebas de l’hôtel, pour débiter la bête. En effet, une fête se prépare pour les deux jours à venir. Nous assisterons, petits et grands, à cet incroyable spectacle pour nous et quoi que très naturel pour les gens du village.

Puis c’est au tour de Arram, de venir nous rendre visite sur notre terrasse, pour nous vanter les mérites de son restaurant, le Bambu. Il nous dit proposer un repas de qualité et unique dans la région. Son anglais est très correct, il nous parle de riz organique venant des montagnes, de soupes de légumes aromatisées de lait de coco, de citronnelle, d’épices et d’herbes cueillies au bord de la rivière. Le tarif n’est pas donné, on se regarde avec nos voisins de chambrée français, hésitants. Nous acceptons finalement en négociant un peu le tarif, son invitation. Le rendez vous est pris pour le soir même à 19h00. Il nous demande une petite avance pour faire quelques courses, il nous fait un plan sur un bout de papier pour rejoindre son restaurant… on se dit que l’arnaque n’est pas loin, mais on prend le risque. Ce jeune homme nous a très bien vendu son dîner. Et le soir venu, nous trouvons finalement l’adresse indiquée, une sorte de boui-boui qui ne paye pas de mine. Mais lorsque les plats sont disposés sur la table, on sent que l’on ne s’est pas trompés. Festival d’odeurs, de saveurs, la soupe est divine, le riz excellent, une salade de fleur de bananier relevée d’herbes et de coco râpée s’avère être un délice, le tofu et le poulet préparés dans une sorte de sauce curry sont à tomber. Pour arroser le tout, la traditionnelle Bintang Beer et pour la digestion, un thé à la citronnelle. On ne regrette vraiment pas d’être venus et le patron est tellement charmant que l’on décide de remettre ça le lendemain midi pour fêter notre matinée passée sur le Kelimutu et ses trois lacs. Mais attention, pour nous convaincre totalement, Arram, notre hôte, nous précise que le menu sera totalement différent, soupe de potiron, lait de coco et citronnelle, bien sûr, salade d’herbes sauvages réhaussée d’épices, de coco rapée, of course, riz agrémenté de pois, tofu et poulet, mais surtout, les « bambu super potatoes », en guise d’apothéose. Notre hôte assure le spectacle, et nous tient en haleine, tel un conteur face à une horde d’enfants envoutés. Nous repartons le sourire aux lèvres, les papilles ravies et l’estomac comblé… Vivement demain.

Il est temps d’aller se coucher, mais nous découvrons que la grande fête du village a déjà commencé, et la boite de nuit est installée… sous nos fenêtres. Au milieu de la nuit, alors que le calme règne enfin, un violent orage éclate. Ca semble compromis pour notre ascension du lendemain. Nous avons d’ailleurs rencontré pas mal de monde revenant du Kelimutu et qui n’ont pu apprécier ni le volcan, ni les lacs…
Finalement au lever, le ciel s’est partiellement dégagé. Après le petit déjeuner, nous embarquons à bord d’un bemo avec nos nouveaux compagnons de route à l’assaut du volcan. Arrivés sur place, et après une petite demi heure de marche, nous atteignons les bords du premier cratère… dans le brouillard. Puis nous commençons à distinguer le premier lac, aux eaux bleu azur, puis un deuxième, dans les mêmes tons mais plus laiteux. Lorsque nous atteignons le deuxième point de vue, offrant un panorama sur les trois lacs, le ciel s’est dégagé, le brouillard dissipé et un beau ciel bleu apparaît. Le soleil commence même à nous réchauffer et nous restons là, une bonne partie de la matinée à profiter du superbe paysage. Le troisième lac, légèrement à l’écart, revêt une couleur vert sombre. Dans l’un des lacs, on distingue des taches de souffre en surface, on dirait un pot de peinture glycero mal mélangé. Selon la luminosité et l’ombre portée des nuages, le spectacle est en perpétuel changement. On ne se lassera pas d’admirer cette féerie.

Puis il est temps de redescendre au village, où nous attendent un bon repas et nos fameuses potatoes… Nous étions partis pour faire le trajet retour à pied, mais au bout de deux heures de marche et à peine un quart du trajet accompli, nous faisons finalement du stop et un gentil conducteur de bemo nous déposera à l’entrée du village. Encore un petit effort et nous voici attablés, prêts à déguster de nouveaux mets. Encore une fois, nous ne serons pas déçus, sauf peut être par les « bambu super potatoes », mais notre hôte nous les avait tellement bien vendues et le reste du menu était tellement savoureux, que cela restera un détail.
Dans l’après midi, on se met en quête des sources d’eau chaude (une spécialité en Indonésie, mais c’est normal avec ses 17000 iles et presque autant de volcans actifs, c’est un peu comme notre Islande à nous, hein tata…la pneumonie en moins… j’espère que tu es totalement remise). Finalement, on nous indique une cascade à la sortie du village, on s’en contentera. L’eau est d’ailleurs assez tiède. On en profite pour faire la toilette (une habitude maintenant dans les villages d’altitude). Voilà Moni, c’est fini.

SOKDEE LAOS

C’est en bus de nuit que nous effectuons le trajet qui nous mènera de Pakse à la capitale Vientiane. Les enfants sont tout excités, moi un peu moins. J’avoue de ne pas avoir la même confiance que lorsque j’embarque depuis la porte d’Orléans vers n’importe quelle salle de concerts française. Le bus est bien aménagé, avec de vraies couchettes (pas comme au Vietnam). Nous aurons même la chance de disposer d’un plateau complet comprenant 5 couchettes, c’est grand luxe (hormis le fait que nous soyons juste sur le moteur, mais finalement, pas si bruyant que ça). La route est bien tracée et pas trop défoncée, à la finale, pas de raison de s’inquiéter.

vue du haut de l'arc de triomphe

Arrivée au petit matin en périphérie de la ville, encore endormie. On nous avait parlé de la douceur et du calme suranné de Vientiane, et c’est bien ce que nous y découvrons. De grandes artères paisibles et ombragées, quelques vieilles bâtisses de l’ère coloniale, entourées de gigantesques manguiers, ça et là, des temples où l’on vient également chercher la fraîcheur en pleine journée, voilà ce que nous découvrirons lors de nos promenades à vélo, à travers la capitale. Pour le reste, Karine nous avait dégoté une petite Guest-House en périphérie de la ville, avec piscine. Donc le reste de nos journées se ponctuaient de baignades et de travail scolaire à l’ombre des palmiers. Nous apprécierons ces quelques jours passés à la ville, d’autant que nous y prendrons l’un de nos meilleurs repas du séjour, au Makphet ( piment en laotien), restaurant aidant à la réinsertion de jeunes en difficulté ou venant de milieux défavorisés. Nous y dégusterons une cuisine pleine de saveurs, d’épices en tout genre se mélangeant à merveille, rien de trop épicé et de jolies couleurs dans nos assiettes, et des cocktails à tomber …

l'arc de triomphe de Vientiane, copie de notre arc à nous, fait avec les pierres qui auraient du servir à construire le nouvel aèroport de Vientiane

Nous quittons à nouveau le Mékong et Vientiane pour remonter encore un peu plus au nord et rejoindre Vang Vieng ou la ‘’Ibiza laotienne’’. Il se trouve que cette petite bourgade, réputée pour la fête et son tubing (rien de sportif là dedans, il suffit de se mettre dans une grosse chambre à air et de se laisser glisser pendant 3h sur l’eau tout en s’arrêtant dans les nombreux bars situés sur les berges…), est aussi située dans un cadre magnifique, encerclée de montagnes. Elle nous rappelle les paysages de Yangshuo (en Chine) ou de Nin Binh (au Vietnam), et cela mérite amplement un arrêt. Karine (encore une fois) nous a trouvé une superbe Guest House sur la berge opposée de la ville et des bars, dans un magnifique parc arboré, avec les montagnes en ligne de mire. Là encore, nous tombons sous le charme de cette atmosphère somnolente et paisible, ainsi que des paysages de montagnes et de verdure qui nous entourent. Nous partirons à vélo découvrir la campagne environnante, ponctuée de nombreuses grottes et cascades, mais nous en avons déjà tellement vu ces derniers temps que nous préfèrerons nous arrêter au bord d’une rivière sur un site bien nommé ‘’ le Blue Lagoon’’ pour encore un peu de farniente, baignade, plongeons et autres sauts à la corde. Lila excellera dans l’art de sauter depuis les branches hautes d’un arbre. Elle effectuera même (âmes sensibles s’abstenir) un salto avant d’une hauteur de 6 mètres… j’ai cru défaillir… elle se fera tout de même un peu peur à la réception, mais pas de bobo. Grand respect pour ma fille. Je n’aurai, de mon côté, même pas le courage de sauter simplement à l’eau depuis la même hauteur… (Bouhhh).

le saut de 6m. Pas de photo du salto, trop rapide ...
vue de notre chambre

Dans la séquence émotion forte, nous aurons le droit également à une belle frayeur de la part de Karine et Lila, parties toutes les deux au petit matin, louer une mobylette et aller gentiment chercher du pain à la ville. Il faut savoir que pour cela, il fallait emprunter une passerelle faite de bambou et de planches de bois. Il avait plu dans la nuit, ce qui n’a pas du aidé, bref, sur le chemin du retour Karine perd le contrôle de son engin, part en glissade. Karine et Lila se retrouvent projetées de la mobylette et finissent un mètre plus bas, dans les cailloux et les galets… Je vois donc revenir mes deux petites femmes à la Guest House, l’une en état de choc (Lila), l’autre en larmes (Karine). On évalue les dégâts et on se dit rapidement qu’une petite visite à l’hôpital s’impose (coup de bol, il y en a un en ville, à moins de cinq cents mètres de là). Départ en tuk-tuk et en famille, direction les urgences. Nous sommes gentiment pris en charge par une infirmière puis par un jeune médecin très sympathique. Le temps d’évaluer l’ampleur des dégâts, quelques palpations, quelques plaies nettoyées et désinfectées et nous voici rassurés. Nous craignions notamment pour Lila qui se plaignait de douleurs près des côtes mais finalement rien de grave, des bleus et de quelques plaies. Nous voici repartis, un quart d’heure plus tard, nos médicaments en poche, direction la Guest House pour un bon petit déjeuner. Bravo et merci, pour le système de santé laotien, efficace, rapide et peu onéreux. On s’était presque vu écourter le voyage pour un retour précipité en métropole… on s’en sort vraiment bien.

Evidemment, on oublie la petite virée en mobylette, prévue pour la journée. On s’en tiendra à regonfler le moral des troupes et soigner les bobos du jour, en allant piquer une tête dans la rivière et regarder les montgolfières s’élever au dessus de nos têtes ( à peine 10m au dessus des toits de la ville )

Il est temps, à nouveau, de boucler les sacs et de repartir encore un peu plus au nord, direction Luang Prabang, pour une dernière halte ‘’culturelle’’ au Laos.

Le trajet en bus, reliant Vang Vieng à l’ancienne capitale royale, sera probablement le plus éprouvant que l’on ait connu. Neuf heures de montagne, de cols, de lacets, de coups de frein, de nid de poules, d’asphalte défoncé, nous ferons passer un mauvais moment. Les enfants, en routards aguerris prendront sur eux et seront d’une patience exemplaire. En chemin, nous sommes frappés par ces brumes qui recouvrent bon nombre de forêts environnantes.

En effet, depuis le nord du Cambodge, ce sont des centaines d’hectares de forêt que l’on voit partir en fumée. Le paysage est obscurci, les yeux rougissent, le nez s’irrite, la gorge se charge. La saison du brûlis bat son plein. En Mars et Avril, avant le retour de la mousson, les paysans font bruler tout ce qu’ils peuvent, afin de pouvoir récupérer du bois de chauffe et de dégager de grandes zones pour y installer des champs (de manioc notamment) ou des fruitiers (bananiers essentiellement). On sait malheureusement que cette technique fonctionne les premières années, mais que très rapidement les sols sont lessivés et appauvris au point de ne plus rien donner, que cela favorise l’érosion des sols qui amplifient les problèmes climatiques (glissement de terrain, inondations), sans parler de la destruction d’écosystèmes complets, mais cette pratique a la vie dure. C’est ainsi qu’entre deux zones de végétation dense, on trouve des montagnes pelées, ravagées par les flammes, appauvries par les eaux, et aujourd’hui incapables de produire quoi que ce soit.

Après notre éprouvant trajet, nous arrivons à la nuit tombée, à Luang Prabang. Une fois installée dans une ruelle paisible du centre ville, nous partons à l’assaut du marché de nuit, pour se trouver un bon dîner bien mérité. Retour en force à la civilisation et à la société de consommation, on se croirait au Cap d’Agde au mois d’Aout… heureusement, nous trouverons un super petit resto, nous rappelant nos soupes de Puzhehei.

Le lendemain, nous partons à la découverte de la ville et de ses nombreux vestiges, tantôt des temples très bien préservés, tantôt de belles demeures coloniales. La classification au patrimoine mondial de l’UNESCO impose un certain standing et on sent les douze années consacrées à la rénovation et restauration de la ville, c’est tout beau, tout propre…un peu trop peu être.

 

Nous retrouverons en ville, une famille française, rencontrée un peu plus tôt à Kratie au Cambodge. Nous passerons avec eux, quelques soirées sympathiques, autour d’une crêpe au chocolat (la civilisation n’a pas que du mauvais) ou d’un verre de Pastis…(une grosse envie en voyant la bouteille sur un étal). Nous aurons l’occasion de faire quelques excursions ensemble, notamment, la visite du Palais Royal, ainsi qu’une journée aux chutes de Huang si ? Dans une forêt luxuriante, on découvre une belle cascade de quelques dizaines de mètres, plongeant successivement dans plusieurs bassins bleutés. En prime, une réserve comprenant une trentaine d’ours rescapés du braconnage. Encore une journée agréable, entre plongeons, baignade, marche en forêt. Lila et Milo appréciant de pouvoir se faire de nouvelles copines, Ilda et Zélie, âgées respectivement de 13 et 6 ans.

 

Il ne nous reste plus qu’à effectuer le trajet de Luang Prabang à Houai Xai pour rejoindre la frontière thaïlandaise et quitter définitivement le Mékong, qui nous aura accompagné depuis maintenant près de deux mois.

En guise d’adieux, nous effectuerons le trajet en bateau, pendant deux jours, avec une halte pour la nuit dans le village de Pakbeng. Nos compagnons de route sont également de la partie. Cela rendra le temps moins long, notamment pour les enfants. Pendant ces deux jours, nous pourrons admirer la force et la diversité de ce superbe fleuve. Malgré la saison sèche et un lit très bas, on sent la vigueur du fleuve, de ses rapides et on peut lire quel doit être son niveau lors des crues. Les paysages autour sont superbes, malheureusement trop souvent ponctués de brouillards causés par les feux de forêt. La vie aux abords du fleuve est moins trépidante que plus bas, dans le delta, du fait des crues du fleuve bien plus importantes dans cette région. Ici pas de villages flottants, mais de petits villages perdus dans les hauteurs et cachés sous les bananiers et palmiers. Mais nous y voyons des choses toujours aussi étonnantes et captivantes ; des orpailleurs accroupis avec leurs tamis, aux enfants nus jouant sur les berges, en passant par les taxis rapides qui nous croisent (comprenez des pirogues équipées de gros moteurs ultra rapide et dont les passagers portent souvent un casque de moto intégral pour se protéger des embruns), quel spectacle.  Nous verrons même deux éléphants que nous croyions sauvages, mais en regardant les photos de plus près, nous verrons que leurs pattes sont entravées.

la culture sur brulis encore et toujours
les orpailleurs
la moto du Mékong, ou comment faire en 7h, ce qu'on a fait en 2 jours !!!

Nous arriverons enfin Huay Xai, frontière avec le Thaïlande pour manger notre dernier laap… Comme on dit ici, Sokdee Laos.

Cambodge, Angkor et Angkor…

Vous étiez restés sans nouvelle depuis notre sortie du Vietnam. Il est temps de vous faire vivre notre périple Cambodgien. Premier pays que nous avons fait en un peu moins d’un mois, et je dois dire que nous en repartons un peu frustré, nous serions bien restés un peu plus, mais nous y reviendrons c’est sur car nous avons vraiment aimé ce pays et ses habitants, pour l’instant le top 1 des sourires.

En route pour le Cambodge

Dimanche 5 février, nous laissons derrière nous, Chau Doc et le Vietnam pour rejoindre Phnom Penh. Nous passons toute la matinée à remonter bras et canaux du Mékong, jusqu’au poste frontière situé sur le grand fleuve. Nous apprécions au passage, toute l’effervescence qui règne sur ces cours d’eau. Des enfants qui jouent sur les berges, aux séances de toilette, le lavage du linge, la réparation des filets, les séances de pêche, les maisons à pilotis qui bordent les rivières, les villages flottants avec leurs lots d’habitations bien sûr, mais aussi d’écoles, d’échoppes, de vendeurs de téléphone mobile (!). Des fermes piscicoles et même des porcheries flottantes (et ouais). Le passage régulier des bacs chargés d’écoliers, de vendeurs avec toutes sortes de denrées, des mobylettes chargées de fruits et de légumes.

Quelques clichés volés lors de nos balades sur le Mékong :

Arrivée au poste frontière

Bref, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Les formalités se déroulent sans encombre, nous avons même le temps de prendre un repas au poste frontière avec nos derniers Dong. Une fois nos visa en poche, il nous faudra parcourir 500 long mètres sous le cagnard avant d’arriver au poste frontière cambodgien, ou un mini bus nous attend pour rejoindre Phnom Penh en milieu d’après midi.On pensait faire tout le trajet en bateau, mais ce n’est pas la 1ère fois qu’on ne comprend pas tout ! Sur le trajet, nous découvrons la belle architecture des temples Khmer (les lieux de culte actuels car les temples de l’époque angkorienne, ce sera pour plus tard).

frontière Vietnam / Cambodge
nos visa tamponnés en poche

 Arrivés à la capitale, notre hôtel était supposé venir nous chercher, mais personne à l’arrivée, en même temps, nous leur avions dit que nous arrivions au port, et nous sommes dans un hôtel. Nous demandons gentiment si on peut téléphoner à notre hôtel  1000 ! C’est la 1ere fois qu’on nous demande de l’argent, le Cambodge serait il moins généreux ou moins sympathique ??? Karine part à la recherche d’une âme généreuse qu’elle trouvera en la personne d’un dentiste, vu que nous n’avons pas un riel sur nous … finalement le patron nous dit de prendre un tuk tuk qu’il paiera. On part donc vers notre guest-house, située dans les beaux quartiers de la ville. La pension le Blue Dog, malgré un tarif très modeste offre un accueil agréable, des chambres propres et une belle situation pour apprécier la ville.

Sous un beau soleil, nous partons faire une petite promenade en fin d’après midi. Les enfants ont besoin de se dégourdir les jambes et d’évacuer toute la tension du voyage. A proximité du palais royal, nous trouvons un immense parc de jeux, petit paradis pour les gosses, d’autant que nous sommes dimanche et que toutes les familles sont de sortie. Karine et moi en profitons pour siroter un Coca à l’ombre d’une terrasse. Nous sommes agréablement surpris par la sensation de calme et de sérénité que dégagent la ville et ses habitants. Rien à voir avec ce que nous avions connu dans les grandes villes vietnamiennes. Un peu plus tard, nous dégusterons notre premier repas cambodgien, un vrai délice de saveurs. Notre premier ressenti est très positif.

palais royal

Les jours à venir seront tout aussi agréables. Au menu, promenades et découverte de la ville qui nous conduiront au Palais royal et à la Pagode d’Argent, au Wat Phnom mais aussi dans une bibliothèque pour enfants tenue par une français,. Nous en profiterons pour y acheter quelques ouvrages, et surtout les enfants y passeront quelques heures à lire tout un tas de chose, assis sur des coussins. Lila y reviendra même un après midi complet. Je ferai également avec les enfants, la visite du musée national, situé dans un beau bâtiment d’architecture Khmer et comprenant un jolie collection de statues des temples d’Angkor. Aux heures chaudes de la journée, nous en profiterons pour faire classe à Lila, des activités et du repos pour Milo, et Karine testera le coiffeur cambogien à 1 euro la coupe plutôt réussie. Nous profiterons également du standing de la capitale. Ainsi, nous passerons la plupart de nos fins d’après midi au bord d’une piscine ombragée, à siroter des jus de fruits frais, pendant que les enfants s’adonneront aux plaisirs de la baignade. Nous pousserons également un peu plus loin, nos investigations culinaires, nos premiers Amok, bœuf Lok Lak et autres Red Curry ne seront que du bonheur pour les papilles. On ressent l’influence thaïlandaise (d’ailleurs, certaines recettes sont Thaï).

Nous partons ensuite vers le nord ouest en direction de Battambang. Quelques heures dans un bus climatisé et raisonnablement chargé, nous permettent de rejoindre notre prochaine destination, juste un point négatif tout de même, le bus est infesté de moustiques ! Toujours une multitude de temples Khmer sur la route (la plupart sont très récents et une grande partie encore en construction, on se dit que c’est une façon de rattraper le temps de l’époque Khmer Rouge). Ce qui frappe également, c’est cette pleine à perte de vue, qui s’étend depuis que nous sommes entrés au Cambodge (on pourrait l’appeler le plat pays de l’Asie du Sud Est). Enfin on peut noter que le vert luxuriant et éclatant du delta du Mékong a laissé place à une végétation jaune paille, d’autant que nous sommes en pleine saison sèche.

Après le faste de Phnom Penh, nous retrouvons un Cambodge plus modeste à Battambang, ville située de l’autre côté du lac Tonlé Sap, c’est une ville tranquille ou il y a encore beaucoup de maisons de styles coloniales, et ou l’atmosphère une fois encore est très tranquille. Je ne sais pas si c’est la clim à Phnom Penh ou dans le bus, mais le 1er rhume arrive et me clouera au lit, toute une journée. Le lendemain de nouveau sur pied, nous retrouvons les joies de nos escapades motorisées, à travers la campagne aux alentours. Nous apprécions toujours le spectacle du travail ancestral des champs, celui de la traversée des petits villages de la région, ainsi que l’architecture typique des nombreux temples Khmer, mais aussi des maisons traditionnelles. Nous découvrons également ici nos premières ruines pré-angkoriennes. Le clou du spectacle restant tout de même, le trajet effectué en « Bambou train » sur une portion de la voie ferrée reliant Phnom Penh à Battambang. Le principe est simple, deux essieux ou boggies, un plateau en bois et bambou, un petit moteur à essence, et vous êtes prêt pour assembler votre bambou train. Avant de partir, il est préférable de regarder l’horaire des quelques trains (les vrais) qui circulent sur la ligne. Nous chargeons nos deux mobylettes et la petite famille au complet sur l’un de ces attelages. L’avantage pour nous étant que lorsque l’on croise un autre bambou train, c’est le moins chargé qui doit démonter. On se retrouve donc propulser à fond la caisse sur les rails défoncés, dans un fracas assourdissant, mais on rigole franchement, surtout quand on croise une autre embarcation qui doit démonter puis remonter son engin à notre passage.

Nos pèrigrinations nous mèneront aussi dans une fabrique de galette de riz, alors que nous cherchions un temple, Karine intrigué par des ronds blancs séchant sur des grillages au bord de la route s’est arrêté pour voir de quoi il était question. Un charmant monsieur, lui a alors fait la visite de la petite entreprise familial, et fait gouter à Milo de bonnes galettes fraichement cuites et séchées (rien à voir avec celle que l’on peut acheter chez les frères Tang !). Les galettes sont donc conçues comme des crêpes, mais sur un linge et cuites à la vapeur, elles sont ensuite étalées sur des grillages puis séchées pendant 25 min environ au soleil, ensuite elles sont mises sur l’herbe pour séchées encore quelques minutes afin de leur donner toute leur souplesse. Le charmant monsieur parle un français plus que correcte, et nous reviendrons faire un peu la causette avec lui après la visite du temple.

Harassée par ces journées de balade à moto, les enfants iront le soir se faire masser, résultat Milo nous dira que c’est le meilleur massage qu’il est jamais eu, et Lila s’endormira quasiment dans son assiette !

Nous sommes déjà le 12 février et nos amis allemands, rencontrés en Chine sont arrivés du côté de Siem Reap où nous nous sommes donnés rendez vous. Les enfants sont impatients de retrouver leurs petits copains (Caroline, Théodore et Julius). Nous repartons donc le lendemain aux aurores, pour les y rejoindre. On nous avait dit que le trajet en bateau valait le coup et on ne nous avait pas menti. Encore un spectacle incessant tout au long de notre descente des différents cours d’eau qui nous amènent jusqu’au lac Tonlé Sap puis à Siem Reap. Enfin à 16km de Siem Reap, car la encore, personne ne nous avait dit que nous n’arrivions pas dans la ville. Il faudra donc traiter avec les dizaines de Tuk Tuk présents pour finalement arriver à notre hotel en fin d’après midi (je vous rappele qu’on est partis a 6h30 de Battambang !!!). Après de brèves retrouvailles, la piscine attend les enfants qui ne se font pas priés. Le soir, c’est autour d’un verre de vin blanc que nous nous raconterons ces trois mois passés depuis notre première rencontre à Kunming, dans le Yunnan.

 

Le lendemain, Matthias et moi partons à la découverte des temples alors que femmes et enfants restent tranquillement autour de la piscine. Ils ont besoin de recharger les batteries et j’ai, de mon côté, très envie de me perdre dans la jungle d’Angkor. Matthias qui a déjà repéré les lieux, m’a préparé un itinéraire pour la journée. Ce qui est agréable, c’est de savoir que nous passons une semaine sur place et que nous aurons tout le loisir de venir et revenir sur les différents sites de la région. Ainsi nous débutons par les temples les plus petits ou les moins fréquentés. On passe d’un lieu à un autre par les routes ombragées ou en empruntant de petits sentiers sablés. Premiers pas, donc, dans l’ancienne cité impériale d’Angkor, certains temples sont de simples ruines, d’autres sont mieux conservés, certains sont enfouis sous la végétation ou servent d’encrage pour les racines d’un énorme fromager plusieurs fois centenaires. Après un périple d’une trentaine de kilomètres à vélo, plusieurs visites et un pique nique sur les ruines de Ta Phrom, nous rentrons en fin d’après midi à l’hôtel. Je suis ravi de cette première journée.

Le lendemain, c’est en famille et en tuk-tuk que nous partirons à l’assaut des temples. Au programme, Preah Khan, Ta Prohm (à nouveau) et pour terminer Angkor Prohm et le Bayon. Les enfants adorent jouer aux explorateurs au milieu des ruines et des blocs de pierre effondrés.

On fait également un atelier dessin dans les ruines ombragées avant de se faire un petit pique nique. Fin d’après midi, un plouf dans la piscine est nécessaire après la chaleur de la journée.

On commence donc à prendre notre rythme, entre visite des temples, repos, classe pour Lila et jeux avec les petits copains allemands.  Mais la semaine va passer bien vite et nos amis se remettent déjà en route. Nous aurons pu entre temps visiter de nombreuses fois Angkor Wat, le Bayon, ainsi que tout un tas de temples perdus dans la forêt (qui nous auront beaucoup plu). J’aurais même l’occasion de faire un lever de soleil sur Angkor Wat, mais pas de chance ce jour là le ciel est brumeux et le soleil ne se levera pas, par contre je ne serais pas le seul, j’ai un peu l’impression de me retrouver pour un feu d’artifice du 14 juillet à Paris, il y a même une vendeuse de café qui essaiera de me faire payer le fait d’être assis sur sa natte !

C’est alors que nous retrouverons une bonne connaissance de boulot à Siem Reap. Thierry, chauffeur de bus de tournée, qui lui aussi est en vadrouille pour un mois dans le pays. C’est vraiment sympa de retrouver un visage connu autour d’une bière, même si finalement, on n’a pas du tout parlé de boulot lors de nos deux soirées passées ensemble. Il semble que depuis, il a vraiment accroché sur le Cambodge, puisqu’il vient de signer un bail de quatre ans pour monter une Guest House du côté de Sianoukville… Bonne chance, Thierry et au plaisir de passer par le little princess…

Voilà, les temples n’ont plus de mystère (ou presque) pour nous. Il est temps de se remettre en mouvement. Pour voir plus de photos des temples, je vous invite à regarder les photos dans galerie.

Nous rejoignons à nouveau le Mékong, du côté de Kratie, en passant une petite journée en bus climatisé (on va pas se plaindre). Le soir même, nous avons droit à un superbe coucher de soleil, sur les berges du fleuve depuis le balcon de notre hôtel, probablement le plus beau auquel nous ayons assisté depuis notre départ.

Le lendemain, nous partons à la découverte des environs en tuk-tuk, au menu, une jolie colline ombragée qui accueil un temple en activité et surtout, une promenade en pirogue, pour aller voir les dauphins d’eau douce dans le Mékong. Nous n’en espérions pas tant. Nous aurons la chance de voir facilement et fréquemment ces curieux mammifères, au front proéminent et à la petite nageoire dorsale. Nous ne nous lasserons tellement pas que nous y reviendrons le lendemain pour les admirer depuis la berge. Nous poursuivrons également nos investigations en mobylette, toujours à battre la campagne et admirer la vie du fleuve. Nous ferons aussi une pause déjeuner dans les jardins ombragés d’un joli temple à colonnades. On en profitera pour sortir le carnet de croquis sous les regards amusés et intéressés des enfants du voisinage et des jeunes bonzes du temple.

Nous découvrirons également le calme et le charme, d’une petite île ou les champs et les cocotiers entourent les quelques huttes d’un village de pêcheurs et d’agriculteurs. Nous aurons également le plaisir de passer ces quelques jours avec Clément (professeur d’histoire) et sa maman, dont la bonne humeur et les talents de conteurs auront ravi, petits et grands.

C’est presque à regret, que nous quittons Kratie et surtout, cette petite île, où nous aurions volontiers séjournés quelques jours supplémentaire, mais c’est la vie.

Notre prochaine et dernière halte au Cambodge se situe dans le Ratanakiri, au nord-est du pays, dans la ville de Ban Lung. Encore une bonne journée de bus pour rejoindre la terre (et le poussière) rouge de cette région. On quitte également la plaine (enfin), pour rejoindre les collines et plateaux du Nord.

L’attrait majeur de la région étant un lac circulaire, volcanique au milieu de la forêt. L’eau y est limpide et très agréable. Nous y viendrons deux jours d’affilés et y passerons le plus clair de nos journées. Lila et Milo auront l’occasion d’y expérimenter toute sorte de plongeons. Nous arpenterons également la région en mobylette (une habitude, maintenant) pour observer les différentes cascades et cours d’eau de la région. Nous voilà prêts à rejoindre notre quatrième destination du voyage, Le Laos, après bientôt 5 mois de voyage. Nous voilà déjà à la moitié de notre périple. Le temps passe décidemment trop vite quand on est bien occupé…

Haiphong & Cat Ba Island – Along the Along Bay

HAIPHONG

 Après Hanoï, nous prenons logiquement la direction de l’est, vers la côte et la Baie d’Along (étape incontournable du Vietnam). Nous rejoignons la gare de Long Bien à pied, en convoi, avec tonton Yo et tata Grenadine. Petite marche exotique à travers les ruelles et les petits marchés, où l’on peut à peine passer avec nos gros sacs, mais où les mobylettes se fraient un passage avec une aisance toute vietnamienne. Arrivés à proximité de la gare, nous traversons un parking à vélo, où nous devons soulever nos sacs pour ne pas tout emmener sur notre passage. Enfin les escaliers de la gare sont face à nous. Nous enjambons l’unique voie de chemin de fer qui traverse la vieille ville d’Hanoï, pour rejoindre le quai. De part et d’autre de la ligne de chemin de fer, la vie bat son plein, les maisons sont alignées à moins d’un mètre des rails. Les gens ont fait de cet espace leur cour ou leur jardinet. Des tables, des chaises sont disposées, les enfants jouent au ballon, des mobylettes ou des piétons empruntent cet espace dans les deux sens. Il faut dire que la fréquence des trains semble assez faible.

 Nous voilà donc partis pour notre premier trajet en train au Vietnam, direction Haiphong, premier port du pays et aussi voie d’accès à la baie d’Along. Pour sortir de la ville, nous traversons le fleuve rouge (que nous avions déjà croisé dans le Yunnan) en empruntant le vieux pont métallique … , vestige de l’époque coloniale française. Le voyage sera rapide, et  les enfants auront des compagnons de jeux, un couple de flamand avec leurs 3 enfants faisant le même voyage que nous. Nous arrivons en début d’après midi en gare d’Haiphong (elle aussi, érigée par nos ancêtres, les gaulois), sous un beau soleilLe temps de trouver notre camp de base, nous voici repartis à la recherche d’un restaurant. Petit tour de la ville qui nous mènera jusqu’au musée de la ville où nous y verrons dans les jardins quelques prises de guerre, comprenant un bel avion de chasse américain et de petites embarcations (servant apparemment pour les opérations de débarquement). Nous finirons finalement dans une gargote installée sur le trottoir, où une dame nous prépare le fameux bun bo, composé de vermicelles de riz, de salade, de menthe fraîche, de viande de bœuf et de nems. Repas simple, pas cher, mais très bon.

L’après midi sera consacrée à la sieste pour Milo, cours pour Lila et pour le reste de la troupe, à l’achat de nos billets de bateau pour l’île de Cat Ba, au sud de la baie d’Along. Cette dernière activité relevant du parcours du combattant, afin d’éviter les nombreuses rabatteuses du port et les faux bureaux de vente. Lorsqu’enfin, l’équipée arrive au bureau de vente officielle, débute une vive altercation entre les rabatteuses et la gentille guichetière qui se fait quasiment insulter parce qu’elle va vendre des billets à des touristes, sabordant par la même, leur gagne pain. Lorsque deux vieilles dames tachent d’apaiser les esprits, elles se font presque taper dessus. Eloquent.

Avant la tombée de la nuit, Karine et moi, profitons de la présence de Yo et Nad pour nous accorder une petite promenade en amoureux dans les rues d’Haiphong, qui nous mènera jusqu`à un joli temple bouddhiste, mais la nuit est tombée et les grilles sont fermées. Alors que nous faisons demi tour, une bonne âme nous fait signe d’entrer et nous accorde une visite privée des lieux. Petit, mais très joli complexe de jardins et de bâtiments traditionnels comprenant des bassins, de belles statues, ainsi qu’une belle pagode au toit bien ouvragé. En comparaison de tout le tumulte alentour, cet endroit est un vrai havre de paix.

21 décembre, préparatif de départ avant d’embarquer sur le bateau. Alors que nous préparons les sacs, nous entendons un grand fracas de verre brisé dans la pièce dans laquelle joue les enfants… Je sors en courant pour découvrir Lila, flageolante tenant le cadre d’une baie vitrée qui venait de s’effondrer à ces pieds. Comme par miracle, elle était au milieu des éclats de verre, sans même une égratignure. On peut dire qu’on a eu de la chance sur ce coup là. La demoiselle de l’hôtel a tout de même tenté de me demander des réparations pour le sinistre. Je lui ai gentiment fait comprendre qu’elle pouvait s’estimer heureuse que personne n’ait été blessé, elle n’a pas insisté. Le temps de reprendre nos esprits, nous voici à l’embarcadère où nous attend un vieux rafio direction Cat Ba.

Trois heures de lente traversée nous permettent d’apprécier les paysages portuaires, avec son lot de grues de toutes les couleurs (pensée particulière pour mon ami Stéphane Lemée), de conteneurs, de cargos, de cuves, de pipelines et autres pétroliers. Lila en profitera pour s’essayer à la navigation. Nous débouchons ensuite sur le large et les premiers paysages de carte postale avec ces nombreux ilets montagneux entourés de brume. Il faut savoir que nous ne traversons pas la baie d’Halong à proprement parlée, mais ça commence tout de même à y ressembler fortement. Nous entrons enfin dans une jolie baie protégée où se trouvent le port et la ville de Cat Ba. Nous découvrons une myriade de bateaux de pêche au mouillage, ainsi qu’une flopée d’hôtels sur le front de mer. A l’arrivée, notre choix se fera donc sans trop de difficulté.

CAT BA

Après l’installation, petit tour de repérage afin de trouver les indispensables épiceries pour faire les courses, resto pour le repas du soir et depuis notre arrivé au Vietnam, la boulangerie… La fin de journée est consacrée au repos, cours de Lila et préparatifs de nos excursions à venir.

Le lendemain, le soleil brille, il faut chaud, on en profite pour louer des scooters pour faire le tour de l’île. Nous retrouvons également sur place de «vieilles connaissances» de voyage à savoir Esther, 5 ans et sa maman Elisabeth, que nous avions déjà croisées à Datong, à Yangshuo et à Nanning. Elles décident de se joindre à nous pour la virée à moto, pour le plus grand plaisir de Lila et Milo. Nous commençons par un petit tour vers la plage de Cat 1. Halte oblige et première baignade à la mer depuis que nous sommes partis en voyage. Un vrai petit bonheur. Puis nous nous enfonçons dans le cœur de l’île avec de jolis paysages verdoyants, de belles montagnes autour de nous et de ci de là, un petit port de pêche. Ici, le calme, le silence et l’espace tranchent vraiment avec ce que nous avions connu à Hanoï et à Haiphong, ça fait vraiment du bien. Nous faisons halte également dans un petit village pour visiter l’hopital troglodyte installé ici pendant la guerre du Vietnam. Nous entrons tout d’abord dans une grotte qui se transforme rapidement en un grand bunker installé dans la montagne où les enfants ne manqueront pas de jouer « à la guerre ». Nous continuons notre agréable escapade à moto, en espérant pouvoir manger en chemin. Malheureusement, pas un resto dans les quelques petits villages traversés, ni au port qui se situe à l’autre bout de l’île. On se contentera donc d’un petit en-cas composé de bananes et petits gâteaux dans un décor de rêves. On reprend la route en sens inverse puis bifurquons vers le littoral afin de finir notre boucle et tour de l’île. Petit tour par le marché avant de rendre nos engins. Puis repos, la journée à été bien remplie.

23 décembre, le ciel est voilé et une brise fraîche souffle dans la baie. Tonton Yo et Tata Nadine en profite pour aller se faire une petite randonnée dans le parc naturel situé en plein centre de l’île. De notre côté, on préfère se reposer et faire travailler Lila. Ce qui est très bien, d’autant que Tata Gwen doit nous rejoindre dans l’après midi, mais chut, c’est une surprise… A son arrivée, Lila bosse sur la terrasse du sixième étage de l’hôtel, donnant sur la baie (y a pire) et Milo vient de se réveiller. Effusion de joie et de cris… J’en profite de mon côté pour partir courir sur la baie, pendant que les sœurettes et les enfants fêtent leurs retrouvailles. Le rendez vous est donné un peu plus tard sur la plage, où nous nous retrouverons pour une baignade de fin de journée. Le soir, ça sent déjà les fêtes. Tata Gwen nous a ramené de quoi faire une orgie culinaire à la française, à savoir, bons vins, bons fromages et foie gras … On a donc fini la soirée, repu, un peu saoul, mais heureux… MERCI TATA

Le lendemain, en attendant le Père Noël, rien de tel qu’une petite virée en bateau sur la baie d’Along pour patienter. On se retrouve sur un rafio plutôt qu’une jonque mais tant pis, les paysages sont les mêmes, d’autant plus que nous profitons d’une belle journée ensoleillée. Nous quittons le port et les jolis îlets qui entourent l’ile de  Cat Ba pour rejoindre la baie. Première halte pour la visite d’une grotte sans intérêt puis seconde pause pour une grotte qui mérite le coup d’œil. Nous évoluons au milieu d’une myriade d’iles dont certaines se dressent telles des épées dans l’eau. Malgré tout, nous ne sommes pas époustouflés comme nous l’aurions pensé, nous ne sommes pas encore blasés, mais peut être, les paysages grandioses de Guilin & Yangshuo sont-ils encore trop frais dans nos esprits. Nous continuons par une visite d’une ferme marine (à nouveau sans intérêt, à mon sens) puis halte au milieu des îlets pour une petite virée en kayak, Yoan, Gwen et Milo dans une embarcation, Lila et moi dans une autre, Karine et Nadine ayant refusées l’invitation (Karine en profitera pour gouter les fruits de mer locaux…). On en profite pour faire une halte sur une plage et petite baignade de rigueur. Retour en fin d’après midi sur notre île de Cat Ba, toujours sous un beau soleil avant le réveillon…

marché flottant

ferme marine

Nous n’avions pas prévu grand chose, sinon de passer au restaurant où nous avions pris précédemment, quelques plats à emporter et dans lequel le patron nous avait convié à boire un verre. Finalement lorsque l’on arrive, une grande table est dressée, avec déjà de nombreux convives. Il nous demande de nous installer et très vite, on nous apporte à boire et à manger. Nous sommes entourés d’un couple de bavarois, d’une suisse, de nos amies québécoises (Esther et Elisabeth), d’un américain d’Alaska accompagnée d’une amie vietnamienne, ainsi que du restaurateur, de ses enfants et de son personnel. Le tout servi dans une ambiance très amicale et fraternelle. Le patron nous explique qu’il veut retrouver pour lui, son personnel et ses bons clients, l’esprit de Noël. Le repas qui nous est servi est délicieux, on discute chaleureusement, on boit encore. Dans cette ambiance festive, nous décidons de partager le plateau de fromage qu’il nous reste, ainsi qu’une bouteille de Bourgogne pour accompagner le tout. Le patron est ravi, il goute le fromage et le vin qui selon lui est bien meilleur que le vin de Da lat… A la fin du repas quand on se préoccupe de la note, le patron nous indique qu’il nous invite tous pour ce repas, malgré notre insistance. Belle démonstration de la part d’un vietnamien de ce qu’est effectivement l’esprit de Noël. A notre retour à l’hôtel, des cadeaux sont déposés sur les lits… le père Noël a encore frappé… les enfants sont aux anges. Débute alors la traditionnelle séance d’ouverture de cadeaux. Cris et hystérie. Ce sera appareil photo et robe pour Lila, petites voitures, Playmobil chevaliers et Ipod pour Milo (pour écouter du rock bien sur) et Nutella pour moi…bien vu le père Noël. On peut aller se coucher, le cœur léger.

25 décembre, c’est Noël et c’est déjà le moment de repartir vers de nouvelles aventures. Notre bateau est prévu à 14H00, ce qui nous laisse le temps de plier nos bagages, de se faire une dernière virée à la plage pour un dernier petit bain de mer et même le temps de prendre un dernier repas chez notre gentil restaurateur afin de le remercier encore pour la soirée de la veille et de gouter à sa délicieuse cuisine, calamars frits, crevettes au gingembre, nems… La traversée en hydrospeed jusqu’à Haiphong s’effectuera sans encombre, sous un beau soleil et en une heure à peine. De là, nous sommes sensés attraper un bus en direction de Ninh Binh, puis de Tam Coc…à suivre au prochain épisode

retour au port d'Haiphong

Puzhehei ou la sérénité retrouvée

Il nous faudra à peine quarante minutes pour rejoindre Puzhehei depuis la ville (sans intérêt) de Qiubei. Nous quittons les buildings et autres quartiers en constructions pour retrouver la campagne et les monts karstiques entourés d’une multitude de cours d’eau, d’étangs et de lacs. Le bus local nous dépose à proximité d’un pont, à l’entrée du village. Nous arrivons à l’heure du déjeuner. Déjà, nous sentons cette atmosphère plus favorable. Quelques jolies maisons donnant sur les berges semblent servir le repas. Nous posons le paquetage, le temps de faire le tour du propriétaire et de trouver gîte et couverts. Notre choix se porte sur un charmant complexe, bâtit à la pointe d’un étang, offrant des chambres digne d’un 3 étoiles,  joliment aménagées, spacieuses pour la modique somme de 50 yuans ( 5,5 euros ). Nous décidons de la jouer grand luxe, nous prenons une chambre pour les enfants, une pour les parents. Un peu d’intimité ne fera pas de mal… Une fois installée nous rejoignons l’autre berge pour un repas simple mais efficace composé d’une soupe de pâtes, accompagnée de viande de bœuf  et agrémentée de feuilles de menthe. Nous en ferons notre cantine pour les jours à venir, et nous apprendrons même à faire nous même notre soupe : une fois nouilles et bœuf préparés par la patronne, à nous de rajouter épices et bouillon, celui-ci chauffant sur le feu de bois à l’extérieur, dans lequel mijotent les restes du boeuf. Nous devons d’ailleurs  être chez le boucher car  dans la cour de grandes bassines sont emplies d’eau et des diverses pièces de viande. La tête d’une vache fraîchement coupée est posée tel un trophée à même la rue. Son regard nous indique qu’elle n’a probablement pas souffert…  Après midi repos pour Milo, reprise de la classe pour Lila dans une belle cour ombragée. Petite promenade dans le village et même reprise du jogging pour moi (après une trop longue abstinence), cela me permet de m’enfoncer un peu dans les superbes paysages qui s’offrent à nous.

Le lendemain, petite promenade matinale qui nous mènera aux grottes de Guanyin. Belle surprise, entre les diverses cavités calcaires traversées, joliment éclairées et ponctuées de nombreuses statuettes, et une belle statue de Bodhisattvra allongée. Sur le chemin, nous sommes attirés par un joli ponton au milieu d’un étang que nous traversons. Les gens nous invitent à aller plus loin et nous proposent de visiter une grotte joliment aménagée en bar / restaurant et le clou du spectacle : le KTV (comprenez le Karaoké, activité favorite des chinois en villégiature) version troglodyte. Le patron est très fier de nous ouvrir une grotte avec le dernier équipement audio & vidéo. Le top du top…
Les jours suivants se suivent et se ressemblent. Soleil, ciel bleu, promenades à pied ou sur les cours d’eau. Lila et moi en profiterons d’ailleurs pour passer notre permis pirogue (conduite accompagnée pour Lila).

Construction d’un trimaran en bambou pour le plus grand plaisir des enfants.

La mise à l’eau mènera à une gigantesque bataille d’eau entre les enfants et l’ensemble de l’équipe de l’hôtel, composée essentiellement de jeunes garçons et filles, qui seront pendant l’ensemble de notre séjour, toujours prêt à jouer ou occuper les enfants et nous ravir de leur excellente cuisine pour nos dîners. Ils les régaleront d’ailleurs avec une promenade à travers la campagne en triporteur, et nous apprendrons aussi à jouer au fameux Majhong.

Une adresse qui aura bonne place dans notre rubrique «bons plans». Pour ma part, j’en profite pour intensifier ma foulée à la course à pied et explorer plus encore cette région ponctuée de cirques et d’eau, de cultures immergées et de paisibles villages où l’on peut assister à toutes les scènes de la vie agricole. Le temps s’est ici, arrêté. Seul le cycle immuable du soleil, la course lente de l’eau et des buffles d’eau ponctue les journées. Un vrai bonheur. Nous en profiterons tous pour recharger les batteries, retrouver un gros moral, bien avancer dans le programme de classe de Lila, couper les cheveux de Milo qui en ont grand besoin, et rédiger les quelques articles que vous avez pu consulter ces derniers jours. L’absence de connexion renforcera encore notre sentiment d’être coupés du monde et en dehors du temps. Six jours ont passé, sans vraiment les voir venir. C’est déjà l’heure du départ pour la suite de notre périple, devant nous mener vers une petite ville (toujours dans le Yunnan) appelée Jianshui.

J’allai oublier (Karine m’aurait probablement repris), j’ai eu l’honneur et privilège de prendre ma première cuite… lors d’une soirée mémorable, au restaurant de l’hôtel où le patron, nous a convié à sa table, en compagnie de quelques amis. Nous avons pu apprécier de nombreux plats délicieux, le fameux baïjiu, l’alcool de riz local (probablement en trop grande quantité pour moi), ainsi que le moins connu hongjiu, jus de raisin légèrement fermenté (peut être est ce le mélange des deux). Bref, après quelques discussions, de nombreux toasts (trop nombreux pour moi), un mini concert de ma personne à la guitare devant une audience enjouée, le patron a finalement dû me ramener jusqu’à ma chambre… Karine rigolait doucement, moi un peu moins depuis les quelques derniers verres avalés. J’ai pu, une fois de plus apprécier ma piètre résistance aux alcools blancs … certains se rappelleront mon 27ème anniversaire fêter à Lille, avec un certain cocktail fait à base de rhum blanc … Je m’arrête là, ceci est une autre histoire.

Leçon N°2 : comment boire de l’alcool à table en Chine – usages et coutumes
Les chinois lors de leurs repas entre amis, aiment l’agrémenter de Baijiu ou de Hongjiu, mais ils ne le dégustent pas comme nous pourrions boire tranquillement  notre bon verre de Bordeaux ou de Bourgogne  (je dis ça pour éviter les susceptibilités de nos amis bordelais et bourguignon ;)), avant de boire on porte un toast avec un des convives. Il y a deux sortes de toast, celui où on boit une lampée et le gambaï où l’on doit faire un cul sec (celui là, ils l’affectionnent beaucoup).
Les règles de politesse veulent que vous teniez votre verre à 2 mains, et qu’en fonction du respect que vous voulez lui montrer, votre tête doit être plus basse que son verre (cela peut parait-il se finir ventre à terre !!!)

lever et coucher de soleil sur Puzhehei, dur dur de faire le tri parmi toutes les photos prises….

Nouvel espace « Dessins » dans Galerie!

Amis blogueurs , blogueuses,

J’ai décidé de vous faire partager un nouveau point de vue de notre petit périple.
Au pays des calligraphes et des estampes embrumées, l’envie m’a pris, moi aussi de prendre mon carnet et mon stylo pour croquer les paysages ou les vues qui s’offraient à nous. Je me suis donc essayé à partir de Pingyao à quelques esquisses. Maintenant que la collection s’est un peu étayée, j’ai décidé de vous mettre dans la confidence. Ne vous attendez pas à trouver des peintures de Cézanne ou autres maitres du genre, alors soyez indulgent et n’hésitez pas à me faire part de tout commentaire ou conseil avisé.

Nous ouvrirons probablement par la suite, la partie des enfants avec les jolis dessins de Lila et Milo.

Defré et son p‘tit carnet

Et plus dur fût la chute : Shilin, Luoping et Qiubei

Shilin
Après le train de nuit de Dali à Kunming, où la nuit fut courte et enfumée (les trains sont encore fumeurs ici !!!), nous attendons patiemment chez Dico’s (notre point de ralliement) le train qui nous mènera à Shilin. Nous n’avons pas payé nos billets bien cher, et nous comprenons maintenant pourquoi. Le compartiment dans lequel nous sommes, est une espèce de wagon à bestiaux, ici pas de sièges 2 par 2 ou 6 par 6, mais uniquement 1 banc de chaque côté du wagon! Le voyage ne dure que 1h30, mais ça nous parait tout de même long… Nous arrivons à la gare de Shilin, au milieu de nulle part, c’est en calèche que nous rejoindrons le site de la forêt de pierre (il aura tout de même fallu insister auprès du cocher pour que celui-ci nous amène jusqu’au bout, et que Fred descende en route afin que le cheval puisse grimper jusqu’en haut ! Il faudra encore marcher un bon kilomètre 500 (vraiment très long avec nos gros sacs) avant d’arriver à l’hôtel à l’intérieur du site. On nous avait prévenu que l’hôtel n’était pas des plus sympa et propre, et bien nous n’avons pas été déçus, du sordide, du vrai, une chambre avec de la moquette tachetée (de quoi je ne préfère pas savoir), des fenêtres donnant sur une cour de 10m2 alors qu’on est dans un site classé au patrimoine de l’Unesco, des couloirs aux odeurs bien répugnantes, et tout ça pour le double du prix de ce qu’on paie d’habitude, son seul atout, nous aurons l’occasion de visiter le site sans sa horde de touristes au coucher du soleil, et surtout de rester sur place 2 jours sans avoir à payer l’entrée exorbitante.

Le site est effectivement magnifique, on se perd dans un dédale de pierres, représentant selon son imagination, visages, corps, animaux, épées ou toute autre chose encore. Le site s’étend sur plusieurs kilomètres carrés et certains rochers peuvent atteindre les trente mètres de hauteur. Shilin signifiant littéralement forêt de pierresCette curiosité géologique est constituée de roches karstiques (essentiellement calcaires) travaillées par l’érosion. Elle est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce qui attise le tourisme local. Ainsi, ce sont des cars entiers qui déversent un flot continu de touristes chinois exclusivement pour une visite au pas de course et sur un itinéraire bien balisé. Il nous suffit donc de nous en écarter pour se retrouver absolument seuls au milieu de ces superbes cailloux, ciselés par la nature. La fin d’après midi sous un beau soleil sera l’objet d’escalade pour Lila & Milo et de la recherche vaine de l’éléphant (que nous avions vu en photo et qui nous avait, à elle seule, attirée jusqu’ici). Le site se vide petit à petit et nous restons les seuls occupants des lieux, nous en profitons pour admirer le coucher du soleil puis retour dans notre hébergement de fortune car la fatigue se fait sentir. Petit coup de blues à l’arrivée dans notre chambre. Nous sommes les seuls occupants de l’hôtel. Les longs couloirs nous plongent dans l’atmosphère du film « Shinning ». Pour couronner le tout, nous découvrons que le restaurant est fermé. Je repars donc vers l’entrée du site pour me rendre au petit restaurant où nous avions déjeuné le midi. Coup de bol, c’est encore ouvert. Notre dîner se composera de quelques chips, de nouilles chinoises ainsi que de Sprite et de bières pour faire passer le tout.
Le lendemain nous repartons vers nos beaux cailloux, toujours en marge des hordes de touristes qui ont réinvesties les lieux. Après avoir croisés tortues, Vierge Marie et autres curiosités, nous nous trouvons enfin nez à nez avec notre bel éléphant (bien plus petit que ce que nous avions imaginé, mais belle bête tout de même).
Il est l’heure de se remettre en route. Nous avons décidé de sortir des sentiers balisés et de nous rendre à Luoping pour y voir des cultures en terrasses et nos premiers dômes karstiques (de véritables mamelons, cette fois ci). Retour vers la gare ferroviaire. Après une bonne heure et demie d’attente, notre train nous conduit vers Luoping, où nous arriverons en fin d’après midi, avec en bonus, un Milo peinturluré au feutre sur tout le visage par sa sœur . Cela aura bien fait rire nos voisins de route … nous, beaucoup moins, on a même pas pensé à faire une photo !  A notre arrivée, notre bonne étoile nous sourit, et  nous sommes repérés par un charmant sexagénaire qui maitrise l’anglais. Il a à cœur de nous aider dans notre installation dans sa ville natale. Il organise donc pour nous, transport et hébergement à un tarif qu’il a négocié, ainsi que notre ballade du lendemain.

Luoping
Pour 80 Yuans la nuit, on ne pouvait pas vraiment s’attendre à un palace. On reste donc dans la lignée de l’hôtel de Shilin, un poil de propreté supplémentaire peut être. La ville n’a vraiment rien d’extraordinaire par elle-même. Cité industrielle dans la plaine au milieu des montagnes. L’idée étant de partir le lendemain en excursions dans les environs pour y découvrir la belle nature. La chose étant organisée avec le même taxi qui nous avait conduits de la gare, nous nous mettons en quête d’un endroit pour dîner. Les forces en présence étant sur la réserve, on limite notre investigation au pourtour de l’hôtel. Cela nous conduira dans un restaurant où l’on y sert les traditionnelles fondues (spécialité locale : la viande de biquette…) Surprise de Karine & moi-même quand on voit Milo engloutir un morceau de viande (ou plutôt de peau de la biquette) sans broncher…


Le lendemain,  nous partons donc en taxi pour une journée découverte de la région de Luoping. Nous traversons de beaux paysages de montagnes et de cultures en terrasses pour rejoindre le cours de la rivière Duoyi, ponctuée de cascades et de roues à aubes. Les berges joliment aménagées offrent une belle promenade dans la forêt. On nous propose de descendre une partie de la rivière sur une embarcation faite de rondins de bambou. Les enfants ont l’air ravis.

On se lance donc dans une courte mais agréable promenade, qui nous donnera l’occasion d’apprécier quelques beaux spécimens d’oiseaux colorés, ainsi que des buffles d’eau et chevaux en train de paitre sur les berges.

Arrêt avant la belle cascade qui clôture la promenade.

En chemin, une collection de roues à aubes, à divers usages (cheminement de l’eau bien sûr, mais aussi moulin à grain, pilon, etc…)

 

 

 

 

 

Le retour se fera en voiturette électrique (genre voiture de golf).
Pause déjeuner en terrasse sur les berges avec notre chauffeur qui nous a recommandé l’adresse. Comme toujours afin de faire la commande, Karine va dans les cuisines, là la patronne bien fière lui proposera des guêpes séchées, nous prendrons l’option crevettes !
 Nous repartons ensuite sur les routes enlacées, toujours entre montagnes et gorges pour arriver sur l’un des nombreux réservoirs et barrages réalisés dans la région (l’irrigation : les chinois maîtrisent). Joli panorama.

Pour terminer, nous rejoignons une dernière rivière pour y admirer une succession de cascades (dont l’une d’entre elle est assez imposante). Les enfants préféreront rester à jouer aux cartes en compagnie du chauffeur qui fera office de baby sitter. Karine & moi en profitons pour une petite promenade en amoureux. Retour en début de soirée à notre superbe hôtel pour la nuit, avant de quitter Luoping, direction Qiubei et Puzhehei.

Qiubei
Il nous faudra cinq bonnes heures de bus à travers la montagne (et oui le Yunnan ainsi que toutes les régions du sud ouest chinois sont extrêmement montagneuses) pour couvrir les 180 kms qui nous séparent de Qiubei, au sud est de Kunming. Journée fatigante, mais enrichissante pour la traversée de superbes paysages. Toujours les montagnes, le dégradé de couleurs, du vert notamment, ainsi que des gorges plus ou moins vertigineuses avec en contre bas, les rivières qui s’écoulent et les cultures irriguées qui l’entourent, les petits villages disséminés ça et là, et les attelages de buffles ou d’ânes qui convoient toute sorte de choses, même des enfants quelques fois.

L’occasion également d’assister à ce spectacle incroyable qu’est la vie le long des routes, avec les processions de camions, chargés de charbon, de bois, de pierre, de terre, de récoltes ou encore les nombreux triporteurs chargés de maïs, de légumes ou encore de quelques cochons, voire de buffles… On restera même bloquer une bonne demie heure au milieu d’un village pour cause de marché, les véhicules de pouvant plus se croiser, on se retrouve à faire la circulation, le temps de fumer une cigarette ou d’une pause pipi. On arrive donc en milieu d’après midi dans la ville de Qiubei, située dans une plaine humide, traversée de cours d’eau et enserrée des fameux monts karstiques (ces montagnes en forme de mamelons).Nous avons entendu parlé et vu quelques photos de ces paysages, c’est ce qui nous a décidé à venir par ici. Alors que nous sommes passablement éprouvés par cette journée de route, nous posons nos sacs dans un petit resto face à la gare routière, le temps de se remplir le ventre, de recharger les batteries et de se mettre en quête d’un hôtel pour la nuit. Après le repas, on commence les leçons avec Lila, dessin pour Milo, pendant que Karine s’occupe de l’hébergement. La ville de Qiubei ne devant être qu’une halte avant d’essayer de rejoindre le village de Puzhehei (situé lui, en plein milieu des montagnes et des cours d’eau). Karine va donc à l’essentiel. L’hôtel aura le mérite d’être proche de la gare routière et d’être peu onéreux, pour le reste, on est toujours dans la lignée de Shilin & Luoping… mégots de cigarette sous les lits, jolie affichette avec les numéros de téléphone de filles qui n’ont pas l’air tout à fait innocentes, en bref, un hôtel de passes. Nous en profitons tout de même pour assurer quelques leçons pour Lila (on avait pris un peu de retard ces derniers jours) et pour faire une petite promenade dans les ruelles de la ville. Nous organisons notre fuite pour le lendemain, afin de rejoindre Puzhehei. Nous nourrissons de grandes espérances à son sujet. L’équipe a besoin d’air frais, de repos et d’un cadre un peu plus bucolique que celui des derniers jours. 
Sans garantie aucune, nous prions pour ne pas nous être trompés… car il faudra de toute façon, poser les valises quelques jours avant de reprendre les routes, bouger toutes les 24 ou 48 heures comme nous l’avons fait, ne convient pas au format de notre voyage (repos de Milo, cours de Lila).

On dit qu’au bout du tunnel, la lumière apparaît… alors courage… l’eldorado n’est peut être pas si loin.

Du barbier de Leishan au vélo de Kunming

Je me permets une séance de rattrapage sur quelques événements que je n’avais pas pris le temps d’évoquer, mais qu’ils me semblaient importants de partager avec vous.

Pour commencer, je parlerai de mon passage chez le barbier de Leshan.
Comme vous l’aurez remarqué sur les photos récentes, j’ai perdu ma belle toison et ma moustache que j’avais adoptée depuis les demi-finales de la coupe du monde de rugby, en soutien à notre belle équipe… Je me suis donc dirigé chez le barbier qui, comme le veut l’usage local, est installé sur le bord de la rue avec quelques chaises disposées sur la route, de façon à coiffer et couper poils et cheveux. C’est le doyen de la maison (ayant déjà bien dépassé l’âge légal de la retraite, même passé à 67 ans ou plus encore…) qui me prît en main. Nous avons dû échanger environs 2 mots et demi, mais nos quelques regards et gestes (surtout les miens) permirent de se mettre d’accord. Coupe de cheveux et rasage de barbe au menu. Il commença par m’installer confortablement sur une chaise, choisit sa tondeuse électrique, mît quelques gouttes d’huiles et c’était parti. A l’aide d’un peigne en guise de sabot, il me fît ce que je pouvais espérer comme coupe de cheveux (celle correspondant à mon sabot 9mm). Après les finitions d’usage aux ciseaux, on passe donc à la suite du programme. Le rasage débute par un massage de mes joues, menton, cou à la serviette chaude. Cette opération sera plusieurs fois répétée. A L’aide de son rasoir, d’une sorte de coque de noix pour conserver la lame comme un fil & d’un blaireau couvert de mousse fraîchement préparée, il débuta la coupe, le geste sûr, je sentais mes poils me quitter, sans résistance. Le doyen eût tout de même une hésitation lorsqu’il arriva sur la moustache… mais je lui confirmai que la coupe du monde était terminée, le temps de la moustache aussi… Il finît par les quelques poils mal placés (oreilles, sourcils, cou) puis me dirigea vers l’évier pour un bon lavage de cheveux, massage du cuir chevelu. Le tout prît une bonne heure environ pour mon plus grand bonheur. Je réitérerais sûrement l’opération tant pour le folklore que pour le plaisir réel que cela me procura et pour la qualité du travail réalisé.

Egalement au menu du jour, mes deux excursions à vélo sur le Lac Dian et sur les monts de l’ouest, au sud de Kunming.
Je me suis lancé dans la traversée de Kunming par le flan ouest pour rejoindre les monts du même nom. Le lac Dian est le 5ème lac naturel d’eau douce du pays, peu profond, il est bordé de montagnes qui le surplombent de 1000m environs et est l’objet de cultures aquatiques qui lui donne un très bel aspect. Je voulais donc prendre un peu d’air, un peu de hauteur pour admirer tout ça. Cela me donnait en plus, l’occasion de faire un peu de sport (ce que je n’avais pas fait depuis un jogging à X’ian). Après une vingtaine de kilomètres dans la ville, les travaux et la pollution, j’arrivais au pied de la montagne. Je retrouvais alors fraîcheur et air pur. Après une bonne ascension d’une douzaine de kilomètres traversant différents temples, j’arrive au sommet de la route, au pied d’un bel ouvrage « la porte du Dragon » que je visiterai, notamment afin de rejoindre le sommet de la montagne où se trouve une curiosité géologique appelée «la petite forêt de pierres ». En effet, après encore sillonné à pieds un bon moment, je rejoins le sommet constitué pour moitié de végétation et d’hamas de pierres. Le jeu étant de se promener sur les sentiers de pierre, tantôt en faisant l’équilibriste, tantôt en sautant tel un cabri. Je me suis amusé comme un fou avant de me poser au calme pour admirer le paysage et grignoter un petit morceau. Après un peu de repos, quelques clichés, je me décide à rejoindre mon vélo qui m’attend un peu plus bas. Je croise sur mon chemin, de jeunes locaux qui s’adonnent au taekwondo sur le toit d’un temple … belle démonstration pour le plus grand plaisir d’un groupe de jeunes filles qui avaient fait l’ascension. Je reprends mon vélo pour une vingtaine de minutes de descente, à fond les ballons, je m’amuse encore comme un gosse.
 Je rejoins les bords du lac et repars en sens inverse pour emprunter un pont qui coupe le lac en deux. Retour sur la ville par les berges joliment aménagées puis enfin les bords d’un canal qui me ramènera en plein centre ville. Passage (quasi obligatoire) par les pagodes et me voilà bientôt de retour à notre auberge, les cuisses en bouillie mais le cœur léger et des images plein la tête.

Cela me conduira à réitérer l’expérience le lendemain, avec Matthias, le père de la famille avec laquelle nous avons vraiment passé du bon temps, lors de notre séjour à Kunming. Les enfants parlent encore de leurs petits copains et copine (Julius, Théodore et Caroline). Donc nous repartons à vélo, en binôme, afin cette fois ci, de longer le lac. Nous reprenons sensiblement le même itinéraire qu’à mon retour, la veille, à la différence près que nous rejoignons le lac au niveau d’une digue très étroite. Au moment où nous nous apprêtons à faire demi-tour, un pêcheur local nous indique que l’on peut continuer. Nous l’écoutons et continuons notre promenade. Nous serons alors entourer de végétation dense et de fleurs colorées, de bambous et de nénuphars, de barques et de pêcheurs en train d’étendre leurs filets. Nous traversons de nouveau le lac puis continuons plus au sud. Cela nous mènera sur les pans d’une montagne sur laquelle nous découvrons un joli parc. Nous nous apercevrons plus tard que c’est un immense complexe pour crémations et enterrements, entouré de collines joliment arborées sur lesquelles se trouvent une immensité de tombes, un grand bâtiment sert de lieu de culte, de prières et de cérémonies. Nous pourrons même, discrètement assister à l’une d’entre elle, et visiter l’étage où sont conservées dans de petits coffres, les nombreuses urnes qui ont servies aux crémations antérieures. Après ce moment de recueillement, nous repartons un peu plus haut dans la montagne pour apprécier le point de vue sur le lac et la ville, prendre un petit repas, puis reprendre la route car le temps se gâte et nous ne voulons pas finir tremper. Finalement, nous rentrerons par les berges du lac, sous un beau soleil qui revient pour la fin d’après midi. Ces deux excursions m’auront permis de refaire quelques activités sportives, de prendre du bon air et d’apprécier les très jolis paysages qui entourent cette ville très agréable à vivre que semble être Kunming. Le vélo est (et je m’en doutais) un excellent moyen de partir à la découverte, tout en alliant mobilité et liberté. A réitérer donc…

Xi’an, 1 semaine dans la peau d’un expat

L’arrivée à Xi’an sera rapide, notre train devant arriver à 7H07 arrivera finalement a 6H30 ! La descente du train se fera donc en catastrophe, mais rien n’est oublie dans le train, et tout le monde est sur le quai au moment où le train redémarre…
On ne peut commencer notre récit de Xi’an sans un immense remerciement à Philippe, Domi, Lory & Sacha qui nous ont accueillis une semaine durant dans leur chez eux, nous offrant gîte, couverts et tout ce qu’il faut pour se sentir bien, comme à la maison. Nous n’oublions pas Sophie (de l’équipe Bleu Citron à Toulouse) qui nous a mis en relation avec son frère (Philippe) fraîchement installé à Xi’an avec sa petite famille, afin d’y diriger une école internationale pour les petits expatriés. On ne se connaissait pas. Ils nous ont accueillis comme des amis, cela nous a énormément touché.
Notre périple commence donc sous un beau soleil (fait rare pour la région).Après un petit déjeuner à la française (ça fait toujours plaisir), nous partons faire une promenade dans le centre ville. Halte à proximité de la tour de la cloche avant de rentrer dans le quartier musulman. En Chine, toute ville qui se respecte à sa tour de la cloche et sa tour du tambour, la première servait à sonner l’aube et la seconde le coucher du soleil…c’est comme ça que la vie était rythmée autrefois. Le quartier musulman fût un délice pour les yeux, les oreilles et les papilles. Partout, des vendeurs portants la calotte blanche ou des femmes couvertes d’un joli voile coloré, proposants des brochettes épicées, des sablés aux amandes, noix ou cannelle, fruits secs ou des pains au pavot ou au sésame, tout cela dans des petites ruelles très animées. Nous pénétrons dans une mosquée, mélange réussi des cultures musulmane et chinoise, des stèles tantôt gravées en arabe, tantôt en mandarin, un minaret en forme de croissant surmontant un bâtiment typiquement chinois, mais les usages restent traditionnels. Lila devra rallonger un peu sa robe afin de pouvoir rentrer dans la cour. A noter, la mosquée est orientée à l’ouest pour faire face à la Mecque. Nous rentrons ravi de notre première journée auprès de nos hôtes.

Lundi, c’est journée d’école pour notre famille d’accueil, alors de notre côté, on tâche de faire de même, après un petit tour du quartier, l’après midi est dédiée aux cours pour Lila et repos pour Milo. La soirée est ponctuée de bons petits plats locaux que nous sommes allés cherchés dans le quartier, brochettes et légumes cuits au barbecue, relevés d’épices, un régal.
Mardi, grâce à la gentillesse de Philippe et Dominique, Lila & Milo auront la chance de passer la journée à l’école internationale. Au menu, les traditionnels cours de maths, français mais aussi anglais et chinois et activités sportives. Ils ont adoré. L’école se présente sous une autre forme que ce qu’ils ont connu jusqu’ici avec des professeurs venants des quatre coins du monde. Une belle expérience pour eux qui se poursuivra d’ailleurs le jeudi … tellement ça leur a plu.

Mercredi, c’est l’excursion reine des environs de Xi’an, l’Armée des soldats ensevelis. Voilà près de 2000 ans, Qin Shi Huang, premier empereur à avoir unifié la Chine et qui débuta le vaste projet de la Grande Muraille de Chine, se lance dans une autre croisade, celle de rester le maître dans le royaume de l’au-delà. Pour cela, il fera réaliser une armée entière d’infanterie et de cavalerie en terre cuite. La découverte de ce tombeau remonte à 1974 alors que des paysans creusaient un puits dans les environs de Xi’an. A ce jour quelques 6000 soldats ont été mis à jour. Impressionnant, malgré la horde de touristes (essentiellement chinois) qui investissent les lieux chaque jour, mais finalement on se demande ce qui est impressionnant, est-ce ce que l’on voit, ou le fait qu’un homme est pu imaginer faire ça ???. L’armée des Soldats rentre dans un vaste complexe qui composait le tombeau de l’empereur, celui-ci jamais excavé car trop dangereux  était, dit-on le plus grand jamais réalisé sur terre … Il comprenait des salles entières de trésors, pierres précieuses, des rivières de mercure … et des pièges redoutables. Il aura fallu 700 000 hommes travaillant pendant près de 40 ans pour réaliser ce projet. Les ingénieurs qui conçurent le tombeau furent enterrés vivant pour conserver les secrets de fabrication… Comme dirait Obélix «  ils sont fous ces chinois ».

Jeudi, les enfants sont à l’école, ce qui nous permet à Karine & moi de profiter de la ville en amoureux (incroyable, on aurait jamais cru que cela puisse arriver … Merci encore Philippe & Domi). Nous traversons de petites ruelles traditionnelles, où l’on s’adonne à l’art de la calligraphie dans une ambiance sereine. Je pars dans le musée de la forêt des stèles pendant que Karine prolonge encore un peu sa visite des échoppes et ruelles avoisinantes. De mon côté, un régal pour les yeux. Je comprends que les premiers livres chinois étaient gravés dans la pierre… Ainsi je parcours les premiers ouvrages de Confucius, Mencius et autres grands penseurs. Une collection impressionnante de statues, de poteries, de cuivres anciens est également disposée dans les différents temples du musée. Nous nous retrouvons pour le déjeuner avec l’agréable surprise de tomber sur un véritable maestro de la pasta chinoise. Avec ses dix doigts et un peu de pâte, il réalise sans trucage et sans accessoires de superbes et délicieuses «noodles minute». Cela fera l’objet d’un petit film dont on ne se remet toujours pas … tellement pas que l’on y est retourné le lendemain avec les enfants. La soirée est réservée aux adultes (rien de graveleux, rassurez vous). Alors que les enfants sont gardés pour la soirée par une mamie locale, nous sortons avec Philippe & Domi pour la Grande Pagode de l’Oie Sauvage. Alors que nous pensions trouver ce temple du VIIIème siècle au milieu d’un parc. Nous arrivons sur l’avenue des Champs Elysées version IIIème millénaire, un mélange très réussi de tradition et de hi-tech avec une grande avenue bordée de bâtiments traditionnels, éclairés de rivières de LED, d’arbres lumineux, de panneaux tels qu’on les voit sur les brochures de Las Vegas. A voir de nuit, absolument. Nous nous dirigeons vers un grand restaurant situé au 3ème étage afin de profiter de la gastronomie, mais aussi d’un spectacle d’eau & lumière qui est donné chaque soir au pied de la Pagode. On en prend plein des yeux et les papilles (voir photo du jour).

Vendredi, nous partons cette fois pour le parc de la Petite Pagode de l’Oie Sauvage, en famille. Retour aux parcs traditionnels et silencieux, tel que les chinois savent si bien les faire, même en plein cœur de la ville. Des danseuses s’entrainent dans les allées, les enfants et Karine rencontrent un vieux monsieur, francophile et qui fera leur bonheur en calligraphiant leurs prénoms pendant que j’arpente le musée du Shaanxi (région de Xi’an) dans lequel je retrouve de superbes collections de statues, de vases, de jade et de sceaux couvrant plus de 3000 ans d’histoire. Il faut savoir que cette ville qui compte aujourd’hui près de 5 millions d’habitants, était à l’époque de Qin Shin Huan (voir plus haut) la cité impériale. Elle était déjà fortifiée sur plus de 35 kms de long et était probablement la plus grande cité au monde avec déjà 1 million d’habitants…

Le samedi est consacré au préparatif du voyage. Lila et moi accompagnons Lory à sa séance de football. Pendant qu’il tape la balle avec ses camarades, nous nous essayons au basket, c’était plutôt sympa. Nous passons le reste de la journée chez notre famille d’accueil, il est vrai que Lila & Milo ont bien accroché avec Lory & Sacha respectivement 11 ans et 3 ans et demi. Ils profitent de ces derniers instants en compagnie de leurs nouveaux copains français avant de reprendre la route. Karine & moi nous offrons un moment de détente avec un petit massage avant de revêtir nos sacs à dos. C’est l’heure du départ pour Chengdu, Lila versera ses 1ères larmes. Nous sommes ravis de notre passage par Xi’an , suite au prochain épisode …